Le Conseil interministériel du 25 septembre a fixé le 30 janvier 2027 comme date butoir pour finaliser la réforme du baccalauréat sénégalais. Les mesures envisagées touchent la structuration des séries, le socle commun d’enseignement et le coût d’inscription, avec des implications directes pour les élèves de première et leurs familles.
Calendrier et coordination inter‑ministérielle
Le Premier ministre a présenté 27 mesures lors de la réunion, dont la refonte du Bac, qui relève du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en partenariat avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle. La commission technique, présidée par le directeur général de l’enseignement supérieur depuis novembre 2025, doit livrer les textes définitifs avant le 30 janvier 2027. Aucun texte n’a encore fixé la date d’entrée en vigueur, mais les élèves entrant en première en 2024 passeront leur examen en 2028, ce qui les place au cœur de la transition.
De 18 séries à quatre grands parcours
Le diagnostic de la commission souligne la dispersion des 18 séries actuelles, dont certaines affichent des effectifs très faibles et même l’inactivité (S1‑AR, S2‑AR). La recommandation principale consiste à regrouper ces filières en quatre parcours : « Sciences, numérique et innovation » (S1, S2, S1A, S2A, F6), « Technologies et industries » (STIDD, S3), « Agriculture, environnement et agroalimentaire » (S4, S5) et « Économie, gestion et sciences sociales » (STEG et séries littéraires). Le contenu disciplinaire resterait, mais le diplôme porterait un nouveau nom et une organisation différente.
Socle commun obligatoire et hausse des frais d’inscription
La commission propose d’instaurer un socle commun national incluant langues, mathématiques, sciences et technologies, numérique, intelligence artificielle, sciences humaines, philosophie, éthique et éducation physique. Cette mesure vise à supprimer les cloisonnements entre séries et à aligner le Bac sur les exigences du marché du travail. Parallèlement, les droits d’inscription, bloqués à 5 000 FCFA depuis 2000 alors que le coût réel est estimé à 32 000 FCFA, seraient portés à 10 000 FCFA, avec une augmentation de la subvention étatique et une autonomie financière accrue pour l’Office du Bac.
Défis logistiques et mobilisation du corps enseignant
Les recommandations ciblent aussi les lenteurs organisationnelles, l’absence d’imprimerie propre, les difficultés de confection et de convoyage des sujets, ainsi que la rémunération des correcteurs. Le gouvernement a demandé au ministère des Finances de régler sans délai les arriérés liés au CFEE, au BFEM et au Bac, suite aux tensions syndicales exprimées par le G7 des syndicats de l’éducation et le SAEMSS, qui dénoncent une approche jugée unilatérale.
Infrastructure scolaire : 2 500 nouvelles salles et lycées d’excellence
Pour soutenir la réforme, le plan prévoit la construction de 2 500 salles de classe et, d’ici le 31 décembre 2026, la mise à disposition du foncier de 12 lycées d’excellence LYNAQE, 46 écoles élémentaires, 46 CEM et 46 lycées. Un programme de réhabilitation des établissements historiques est prévu à partir de 2027, offrant aux familles des conditions d’apprentissage plus adéquates que les classes surpeuplées et les abris temporaires actuels.