Réforme des crédits spéciaux au Sénégal : le ministre Abdourahmane Diouf dénonce une contradiction politique majeure

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Réforme des crédits spéciaux au Sénégal : le ministre Abdourahmane Diouf dénonce une contradiction politique majeure

Le débat sur la réforme des crédits spéciaux au Sénégal cristallise les tensions au sein de l'exécutif et du législatif. Le ministre du Pétrole, le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, accuse ouvertement le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, de tenir un double discours sur la gestion de ces fonds publics.

Une divergence sur la portée sociale des fonds

Au cœur du désaccord se trouve la proposition de loi portée par le Parlement, qui limite strictement l'usage des crédits spéciaux aux domaines de la défense, de la sécurité et du renseignement. Le Dr Abdourahmane Diouf pointe spécifiquement les articles 2 et 5 du texte, qu'il qualifie de mesures « anti-sociales et anti-religieuses ». Selon lui, cette formulation verrouille le budget et empêche toute forme de solidarité envers les couches vulnérables ou les foyers religieux, contredisant ainsi les messages de proximité tenus par Ousmane Sonko lors de ses récentes tournées dans les cités religieuses.

L'opposition entre l'Assemblée et l'Exécutif

Face à cette restriction législative, le ministre met en avant la position de l'Exécutif, qui propose des amendements visant à réintégrer la notion d'ordre social et de valeurs humanitaires dans le fléchage des dépenses. Pour le Dr Diouf, il existe une fracture nette entre la vision parlementaire, qui exclut, et celle du gouvernement, qui cherche à inclure des mécanismes d'entraide. Cette opposition soulève un enjeu de gouvernance sur la manière dont l'État doit articuler ses priorités budgétaires entre impératifs sécuritaires et obligations de solidarité nationale.

Le rappel du passé et l'exigence de transparence

Le ministre Abdourahmane Diouf a également interpellé Ousmane Sonko sur ses pratiques antérieures, rappelant l'usage des fonds politiques lorsque ce dernier occupait la Primature. En appelant à une cohérence entre les discours passés et la réalité du texte législatif actuel, le ministre exige une transparence totale sur la gestion des deniers publics. Il exhorte le président de l'Assemblée à assumer les conséquences de sa proposition de loi, qu'il juge discriminatoire pour les institutions religieuses et les populations fragiles, tout en réaffirmant la nécessité de placer la République au-dessus des intérêts partisans.

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