Le Syndicat Autonome des Travailleurs de l'IPRES (SATI) a pris position en faveur des nouvelles lois 2026-19 et 2026-20, portant refonte des Codes du Travail et de la Sécurité sociale. Cette prise de position intervient alors que les principales centrales syndicales sénégalaises, à savoir la CNTS, l'UNSAS et la CSA, préparent une grève générale de trois jours en octobre pour contester ces réformes.
Un réquisitoire contre la gestion des centrales
Dans un communiqué publié le 22 septembre 2026, le SATI exprime son incompréhension face aux revendications des centrales syndicales concernant la gouvernance des institutions sociales. Le syndicat rappelle que ces organisations siègent au sein des Conseils d'administration tripartites depuis plus de quinze ans. Selon le SATI, cette période a été marquée par une absence de contrôle et de redevabilité de la part des représentants syndicaux face aux dérives administratives et financières constatées au sein de l'IPRES.
Investissements immobiliers et dérives de gouvernance
Le SATI pointe du doigt une gestion marquée par des investissements immobiliers massifs réalisés sans études préalables depuis 2008, ainsi que des montages financiers jugés opaques, notamment lors de la construction du Monument de la Renaissance. Le syndicat dénonce également une instabilité structurelle depuis 2014, où des projets d'investissement ont été lancés sans considération pour la rentabilité ou les coûts d'opportunité, impactant durablement la santé financière de l'institution.
La fin d'une ère d'inamovibilité
Le syndicat dénonce par ailleurs une entorse aux règles de gouvernance, soulignant qu'un Président du Conseil d'administration est resté en poste de manière inamovible depuis 2014, en violation du principe de rotation biennale entre employeurs et travailleurs. Cette situation aurait favorisé, selon le SATI, une mainmise politique sur les recrutements et les nominations aux postes de direction, au profit de proches et de militants. Le SATI voit dans le nouveau Code de la Sécurité sociale une opportunité de se conformer aux standards de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES), visant à instaurer la transparence et la performance par le biais de Conventions d'Objectifs et de Gestion.