Hicham Rahil, membre du bureau politique du Mouvement populaire, a vivement critiqué la gestion gouvernementale de la réforme du système de santé marocain. Selon lui, l'absence d'application effective de la loi sur la fonction sanitaire compromet la modernisation du secteur et favorise la fuite des compétences vers le privé.
L'impératif de la motivation des ressources humaines
Pour Hicham Rahil, la réussite du chantier royal de modernisation de la santé repose avant tout sur la valorisation du personnel médical et paramédical. Il estime que le maintien des professionnels dans le régime traditionnel de la fonction publique est inadapté. Le responsable préconise l'instauration d'une rémunération variable, indexée sur le volume d'activités et d'interventions, afin de retenir les médecins et infirmiers dans le secteur public. Il considère que les récentes augmentations salariales restent insuffisantes pour endiguer le départ des praticiens vers le privé, signe d'une gestion défaillante.
Gouvernance et limites des groupements sanitaires
Bien que la création de structures comme la Haute Autorité de santé ou l'Agence du médicament soit saluée, Rahil juge ces avancées insuffisantes sans une activation concrète des mécanismes d'incitation prévus par la loi n° 09.22. Concernant les groupements sanitaires territoriaux, désormais généralisés à six régions, il souligne qu'ils ne pourront atteindre leurs objectifs de gouvernance tant que le cadre de la fonction sanitaire ne sera pas pleinement opérationnel. Pour le Mouvement populaire, la réforme risque de dévier de sa trajectoire initiale si ces leviers de motivation ne sont pas actionnés rapidement.
Le monde rural au cœur des débats politiques
Au-delà du secteur sanitaire, le Mouvement populaire réaffirme son engagement historique envers le monde rural, dénonçant une marginalisation persistante des zones reculées en matière d'infrastructures et de services de base. Hicham Rahil pointe du doigt la complexité des procédures administratives qui entravent le quotidien des habitants, notamment en matière de construction hors périmètres urbains. Il cite l'exemple de projets de loi visant à simplifier ces démarches, restés sans suite malgré les efforts du parti. À l'approche des échéances électorales, le parti mise sur son ancrage territorial et la candidature de figures expérimentées pour porter ses propositions de développement rural et social.
Tensions au sein de la majorité
Interrogé sur le climat politique actuel, marqué par des échanges virulents entre les partis de la majorité, Rahil a appelé à une certaine retenue. Il a notamment pris la défense du ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, rappelant que la répartition des crédits budgétaires découle d'un programme gouvernemental voté par le Parlement et non d'une décision discrétionnaire. Le Mouvement populaire observe ces développements avec attention, tout en affichant sa confiance dans sa capacité à renforcer sa position lors des prochaines législatives grâce à ses nouvelles compétences.