Au Sénégal, le référendum constitutionnel divise encore.

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 24 lectures
Au Sénégal, le référendum constitutionnel divise encore.

Une réforme, mais à quel prix ? Le projet de réforme constitutionnelle, adopté en urgence par l’Assemblée nationale, suscite des réactions contrastées. Le collectif Y’en a marre, acteur historique de la société civile sénégalaise, salue l’initiative du président Macky Sall. « Une avancée démocratique », affirme-t-on chez eux. Pourtant, une ombre plane : le référendum risque-t-il d’être un simple exercice de légitimité politique ?

Le texte, soumis à consultation le 30 juin, propose des modifications majeures : limitation des mandats présidentiels, renforcement des contre-pouvoirs, ou encore clarification des règles de succession. Mais les Sénégalais se demandent : ces changements répondent-ils vraiment à leurs attentes, ou servent-ils avant tout à écarter des opposants ?

Un référendum sous haute tension Le collectif Y’en a marre ne nie pas l’urgence. « La Constitution doit évoluer pour éviter les crises répétées », souligne un porte-parole. Pourtant, l’organisation exige une consultation dépourvue de tout calcul. Comment garantir l’impartialité quand deux figures comme Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’affrontent en coulisses ?

Le face-à-face entre ces deux opposants, tous deux emprisonnés ou assignés à résidence, empoisonne le débat. Le référendum sera-t-il un leurre, une diversion pour détourner l’attention des divisions internes ? Le collectif craint que les Sénégalais ne soient pas libres de choisir, mais piégés entre deux visions d’un même pouvoir.

Une société civile divisée, un pays en suspens Si Y’en a marre appelle à une participation massive, d’autres voix s’élèvent pour dénoncer un referendum truqué. Les partis d’opposition, comme le PASTEF ou le M23, accusent le gouvernement de vouloir frozen les libertés sous couvert de réformes. « Sans transparence, aucun référendum ne sera crédible », lance un militant.

Le président Macky Sall justifie sa démarche par la nécessité de stabiliser le pays. Mais les Sénégalais, habitués aux promesses non tenues, restent sceptiques. Et si cette réforme n’était qu’un nouveau chapitre d’un même scénario ?

L’heure des choix : et si le peuple refusait ? Le référendum est prévu pour septembre 2024. D’ici là, les tensions monteront. Que se passera-t-il si une majorité rejette le texte ? Le gouvernement a-t-il vraiment l’intention de respecter la volonté populaire, ou préparera-t-il une issue de secours ?

Une chose est sûre : le Sénégal se trouve à un carrefour. Soit cette réforme marque un tournant vers une démocratie plus inclusive, soit elle confirme que le pouvoir reste entre les mains de ceux qui le détiennent déjà.

Alors, Sénégal : vers la rupture ou la continuité ?

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