Lors de la 39e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis‑Abeba en février 2026, une proposition a été lancée pour reconnaître la jeunesse du continent comme la septième région de l’UA. Au‑delà d’un simple titre, l’initiative vise à transformer la visibilité en pouvoir réel pour plus de 60 % de la population africaine.
Un appel porté par les jeunes africains
Après la présentation à Addis‑Abeba, le projet a été affiné grâce à des consultations avec des acteurs de l’UA et de la diaspora. Le 16 juin à Johannesburg, plus d’un millier de jeunes africains ont officiellement soutenu la création de cette septième région. La proposition a ensuite été présentée à Bujumbura, à l’occasion du 20e anniversaire de la Charte africaine de la jeunesse, où elle a reçu un accueil favorable, bien que symbolique.
Leçons tirées de la sixième région
En 2003, l’UA a reconnu la diaspora comme sixième région, un geste historique qui, deux décennies plus tard, se limite à un statut consultatif, un budget marginal et une présence sporadique dans les processus décisionnels majeurs. Cette expérience montre que la reconnaissance officielle ne suffit pas si elle ne s’accompagne pas de moyens concrets et de droits de vote. Le risque, selon les promoteurs, est que la septième région reproduise ce même schéma de symbolisme sans transformation.
Des chiffres qui imposent l’action
Les jeunes représentent plus de 60 % de la population du continent, avec un âge médian d’environ 19 ans, tandis que la moyenne d’âge des chefs d’État dépasse les 60 ans. Malgré cette réalité démographique, moins de 5 % des postes de direction dans les institutions continentales sont occupés par des personnes de moins de 35 ans. Cette disparité souligne l’urgence de créer des voies d’accès réelles, basées sur le mérite plutôt que sur le copinage ou le patronage.
Vers une région dotée de moyens et de responsabilité
Les partisans insistent sur trois piliers : une voix décisionnelle, des ressources budgétaires dédiées et des mécanismes de suivi public pour mesurer l’impact des politiques. L’accès ne doit pas se limiter à une simple place à la table, mais à un levier capable d’influencer les programmes et les budgets de l’UA. Sans ces garanties, la septième région risquerait de devenir une cage supplémentaire pour la jeunesse africaine.