Ekua Amoakoh, porte-parole du comité santé du parti New Patriotic (NPP) et médecin, a expliqué que son mandat de recenser les performances du parti dans le secteur de la santé a déclenché des affrontements avec des collègues alors que le pays se prépare aux élections générales de 2024.
Mandat de collecte de données et objectifs de campagne
Le parti a confié à la docteure Amoakoh la tâche de rassembler et d’analyser les informations provenant du Ministère de la Santé, du Ghana Health Service et de la National Health Insurance Authority (NHIA). L’objectif était de produire un bilan complet du parcours du NPP dans le domaine de la santé, couvrant l’infrastructure hospitalière, la couverture d’assurance maladie et d’autres indicateurs clés, afin d’alimenter le discours de campagne du candidat à la présidence, le vice‑président sortant Dr Mahamudu Bawumia.
Conflits internes alimentés par les divergences factuelles
Au fil de son enquête, Amoakoh a constaté que certaines données officielles contredisaient les affirmations circulant dans les discussions internes du parti. Lorsque les résultats ont été présentés, plusieurs membres ont réagi avec colère, estimant que les documents mettaient en cause leurs arguments politiques. « J’ai l’impression de me retrouver au milieu d’une guerre de propagande », a-t-elle déclaré, soulignant que les échanges étaient devenus si vifs qu’elle a fini par quitter le groupe de discussion du parti en 2024.
Portée historique de l’étude et implications pour le parti
Plutôt que de se limiter à la période de gouvernement du NPP, la recherche a également intégré les archives du Provisional National Defence Council (PNDC), de l’administration de l’ancien président John Agyekum Kufuor et de celle du défunt président John Evans Atta Mills. Cette approche chronologique visait à offrir au parti une perspective longue durée sur les évolutions du système de santé ghanéen, afin de construire une narration cohérente de son propre héritage et de ses promesses futures.
Enjeux pour le débat public sur la santé au Ghana
Le témoignage d’Amoakoh met en lumière la difficulté de concilier recherche factuelle et dynamique politique dans un contexte électoral intense. Si les données collectées peuvent enrichir le débat public en apportant une base empirique aux propositions de réforme, elles exposent également les tensions entre la rigueur scientifique et les stratégies de communication partisanes. Le cas du NPP illustre ainsi comment les partis politiques africains doivent gérer la transparence des performances publiques tout en naviguant les exigences de la campagne électorale.