Recensement au Tchad : les éleveurs nomades du Barh El Gazel s’engagent enfin

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Recensement au Tchad : les éleveurs nomades du Barh El Gazel s’engagent enfin

Après des années de méfiance, les communautés nomades du Barh El Gazel, dans le centre du Tchad, se rallient enfin au Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Une campagne de sensibilisation ciblée, menée par des relais locaux, a permis de lever les réticences et d’engager les éleveurs dans ce processus essentiel pour leur avenir.

Un changement de paradigme dans les zones reculées

La province du Barh El Gazel, connue pour ses vastes étendues pastorales et ses communautés nomades, a longtemps été un bastion de résistance face aux opérations de recensement. Les difficultés d’accès, les traditions orales et les craintes liées à l’enregistrement des données ont freiné la participation des éleveurs. Pourtant, une délégation spécialisée, dirigée par un coordonnateur national dédié aux populations mobiles, a sillonné la région pour expliquer les enjeux du RGPH. Les messages clés portaient sur l’utilisation des données pour améliorer les services publics, sécuriser les droits fonciers et renforcer la représentation politique des communautés nomades.

Les premières étapes de cette mobilisation ont révélé une adhésion progressive, notamment dans la localité d’Amsileb, où les éleveurs ont commencé à se présenter aux points de collecte. Cette évolution marque un tournant dans la stratégie de recensement, qui doit désormais s’adapter aux réalités des populations mobiles pour garantir une couverture exhaustive.

Enjeux et défis pour un recensement inclusif

Le succès de cette campagne au Barh El Gazel ouvre la voie à une réflexion plus large sur l’inclusion des populations nomades dans les statistiques nationales. Au Tchad, où les données démographiques sont cruciales pour l’allocation des ressources et la planification des politiques publiques, l’exclusion historique de ces communautés a souvent conduit à des inégalités territoriales. Le RGPH, en intégrant enfin ces groupes, pourrait corriger des décennies de sous-représentation.

Cependant, des défis persistent. La mobilité constante des éleveurs complique la logistique des opérations de terrain, tandis que les craintes persistantes de taxation ou de contrôle administratif nécessitent une communication continue. Les autorités devront maintenir cette dynamique pour éviter un retour en arrière, tout en s’appuyant sur les relais locaux – chefs traditionnels, associations d’éleveurs – pour ancrer la confiance. À plus long terme, cette avancée pourrait inspirer d’autres régions africaines confrontées à des défis similaires, où les populations mobiles restent en marge des systèmes statistiques nationaux.

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