Face à une épidémie d'Ebola ayant déjà causé plus de 3 000 décès, les autorités de la République démocratique du Congo et leurs partenaires ont lancé un plan de riposte de 1,3 milliard de dollars sur 180 jours. Cette mobilisation financière intervient dans un contexte de sous-financement chronique de l'aide humanitaire globale dans le pays, dont le plan annuel de 2,13 milliards de dollars n'est couvert qu'à 49 %.
Une stratégie opérationnelle face à l'urgence sanitaire
Le plan de riposte, structuré autour de 6 342 cas recensés dans six provinces, repose sur quatre piliers : la surveillance active et la recherche des contacts, le renforcement de la prise en charge médicale, l'engagement des communautés locales, ainsi que la logistique et la préparation provinciale. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d'une réactivité immédiate, chaque retard dans la chaîne de réponse se traduisant par une perte de vies humaines. À titre d'exemple, l'unité de traitement de Fataki a déjà dû augmenter sa capacité d'accueil, passant de 24 à 32 lits pour faire face à l'afflux de patients.
Le défi de l'intégration humanitaire
La réussite de cette riposte sanitaire est étroitement liée à la situation humanitaire globale. Avec un déficit de 1,08 milliard de dollars pour le plan d'aide 2026, les acteurs sur le terrain soulignent que la lutte contre Ebola ne peut être isolée des autres besoins vitaux. La précarité alimentaire, particulièrement aiguë dans la province de l'Ituri où plus de 500 000 personnes sont en situation d'insécurité alimentaire sévère, entrave directement l'application des protocoles sanitaires. Le Programme alimentaire mondial appelle ainsi à une approche intégrée où l'assistance nutritionnelle devient un levier de la réponse épidémiologique.
Mobilisation des ressources et coordination multisectorielle
Si des contributions récentes, incluant 225 millions de dollars annoncés par les États-Unis, viennent renforcer les efforts, la pérennité de l'action reste un enjeu majeur. La coordination, qui associe le gouvernement congolais, l'OMS, Africa CDC et les agences des Nations unies, mise sur une décentralisation de l'aide jusqu'au « dernier kilomètre ». Toutefois, le montant effectivement décaissé pour le nouveau plan de 1,3 milliard de dollars n'a pas été rendu public, laissant planer une incertitude sur la capacité réelle à maintenir ces opérations sur la durée prévue de six mois.