Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a rendu public un bilan alarmant pour le premier semestre 2026 en République démocratique du Congo, avec 2 996 violations recensées. Si les chiffres officiels indiquent une baisse de 10 % par rapport à la période précédente, l'institution onusienne tempère ce constat en soulignant les obstacles persistants à la documentation des faits sur le terrain.
L'impact persistant des zones de conflit
La majorité des atteintes aux droits humains, soit 2 607 cas, se concentre dans les provinces en proie à l'instabilité. L'expansion territoriale de l'AFC/M23 demeure un facteur majeur de déstabilisation, malgré des mouvements de retrait observés dans certaines localités. Dans les hauts plateaux, les combats continuent de provoquer des déplacements massifs de populations. Parallèlement, les ADF maintiennent une pression violente dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, où le BCNUDH leur impute 230 atteintes ayant causé plus d'un millier de victimes.
Violations du droit international et violences sexuelles
Le rapport met en lumière une trentaine de violations directes du droit international humanitaire, ciblant délibérément des infrastructures protégées telles que des écoles et des établissements de santé. Une préoccupation majeure demeure la persistance des violences sexuelles liées aux hostilités, avec 267 cas documentés affectant principalement des femmes et des enfants. L'accès aux soins médicaux, à l'assistance juridique et au soutien psychosocial reste, pour ces victimes, extrêmement limité.
Espace civique et lutte contre l'impunité
Au-delà des zones de guerre, le BCNUDH alerte sur des atteintes aux libertés fondamentales dans les provinces épargnées par les affrontements armés. Ces incidents visent régulièrement des journalistes et des défenseurs des droits humains, illustrant une fragilisation de l'espace civique. Toutefois, le rapport note des avancées dans la lutte contre l'impunité. Grâce à l'appui technique du Bureau conjoint et de la MONUSCO, plusieurs procédures judiciaires ont été enclenchées devant les tribunaux militaires, aboutissant à des condamnations effectives des auteurs de ces violations.