RDC : plus de 300 civils tués en deux mois, Kinshasa accuse Kigali et ses alliés de crimes de guerre

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
RDC : plus de 300 civils tués en deux mois, Kinshasa accuse Kigali et ses alliés de crimes de guerre

Le gouvernement congolais accuse les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs alliés de l’AFC/M23 d’avoir commis plus de 300 meurtres, des violences sexuelles et des déplacements forcés dans l’Est de la RDC en juin et juillet 2026. Kinshasa exige une réponse internationale, tandis que le prix Nobel Denis Mukwege et l’ONU rappellent que la paix ne peut se construire sur l’impunité.

Un bilan accablant : exécutions, viols et recrutements forcés

Selon un communiqué officiel publié le 24 août 2026, les autorités congolaises recensent plus de 300 civils tués entre juin et juillet 2026 dans les territoires occupés par les RDF et l’AFC/M23. Les exactions incluent des exécutions sommaires, des massacres, des violences sexuelles systématiques, des tortures, des enlèvements et des recrutements forcés, notamment de jeunes à Tshanzu et Rumangabo. Le gouvernement dénonce également une taxation illégale imposée aux populations locales et des déplacements de populations vers des zones sous contrôle rwandais, comme l’arrivée de plus de 100 familles présentées comme d’origine rwandaise dans le territoire de Nyiragongo le 10 août.

Kigali reste silencieuse face aux accusations

Malgré les preuves avancées par Kinshasa, les autorités rwandaises n’ont pas réagi publiquement aux allégations de crimes de guerre. Cette absence de réponse alimente les tensions diplomatiques entre les deux pays, déjà exacerbées par des décennies de conflits dans l’Est de la RDC. Les observateurs soulignent que cette impassibilité pourrait aggraver la crise humanitaire, alors que des milliers de civils fuient les zones de combat pour se réfugier dans des camps de fortune.

Denis Mukwege et l’ONU rappellent l’impératif de justice

À l’occasion de la commémoration des massacres de Kasika, survenus il y a 28 ans, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a réaffirmé que « la paix ne doit pas effacer les crimes ». Il a insisté sur la nécessité de placer la vérité, la justice et les réparations au cœur de tout processus de paix, rejetant l’idée que des négociations diplomatiques puissent aboutir à l’impunité des responsables. L’Agence congolaise de presse (ACP) a rappelé, dans ce contexte, les recommandations du rapport Mapping de l’ONU, qui préconise la création de mécanismes judiciaires impartiaux pour poursuivre les auteurs des crimes documentés dans l’Est de la RDC depuis 1998.

Une paix durable passe-t-elle par la justice ?

La presse congolaise met en lumière un dilemme central : comment concilier recherche de la paix et exigence de justice pour les victimes ? Les éditoriaux soulignent que les accords diplomatiques ne peuvent ignorer les souffrances des populations ni légitimer l’impunité. Cette tension entre impératifs sécuritaires et droits humains pourrait déterminer l’avenir de la région, alors que les exactions se poursuivent et que la communauté internationale reste divisée sur la réponse à apporter.

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