RDC : l'ONU exige un accès humanitaire sécurisé au Sud-Kivu face à l'insécurité persistante

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
RDC : l'ONU exige un accès humanitaire sécurisé au Sud-Kivu face à l'insécurité persistante

Le patron de l’humanitaire des Nations unies, Tom Fletcher, a formellement interpellé la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, sur l’impératif d’un accès humanitaire « sûr et sans entrave » au Sud-Kivu. Cette demande souligne l’urgence de sécuriser les opérations de secours dans une province devenue l’épicentre de la crise humanitaire en République démocratique du Congo.

Une province sous tension humanitaire

Le Sud-Kivu concentre aujourd'hui environ 2,4 millions de déplacés internes, soit 44 % du total national recensé en avril 2026. Cette situation est aggravée par une dégradation constante de l'accès aux zones de santé, dont le nombre classé en état critique a progressé dans les provinces de l'Est. Si la question d'Ebola est évoquée, la menace reste contenue avec seulement trois cas recensés dans la province, faisant de la préparation logistique et de l'accès aux populations les enjeux prioritaires.

Entraves routières et coûts prohibitifs

Sur le terrain, l'acheminement de l'aide est entravé par une multitude de barrières illégales et de péages imposés par des groupes armés et des éléments des forces régulières. Sur l'axe Baraka-Fizi, les organisations internationales ont documenté plus de dix points de contrôle exigeant des taxes arbitraires. Ces blocages ont des conséquences directes sur l'économie locale, faisant grimper le prix des produits de première nécessité, comme le sel et le sucre, jusqu'à cinq fois leur valeur habituelle.

Un environnement sécuritaire périlleux

Le bilan humain pour les travailleurs humanitaires est alarmant : entre janvier et juin 2026, 243 incidents ont été enregistrés, causant la mort de six humanitaires. Cette insécurité chronique contrevient aux engagements internationaux et aux résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2808 qui exige la libre circulation du personnel et du matériel humanitaire. Malgré les promesses de facilitation formulées par Kinshasa en février dernier, la réalité opérationnelle reste marquée par des risques élevés.

Le défi du financement international

L'ampleur de la crise nécessite des ressources massives, avec un plan de réponse humanitaire pour 2026 évalué à 2,13 milliards de dollars. Au 9 septembre, ce plan n'était financé qu'à hauteur de 49 %, laissant un déficit de plus d'un milliard de dollars. Bien que des contributions additionnelles, notamment des États-Unis, viennent renforcer les capacités d'intervention, l'efficacité de cette aide reste conditionnée par la capacité des acteurs à atteindre les populations isolées dans les zones de conflit.

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