Réunis à Kinshasa les 26 et 27 août 2026, les ministres provinciaux en charge de l’Éducation ont formulé une série de recommandations stratégiques pour stabiliser le système éducatif congolais. Face aux défis sécuritaires et aux difficultés logistiques, ces responsables appellent à une réforme profonde des mécanismes de rémunération des enseignants et à une adaptation du calendrier scolaire.
Vers une décentralisation effective de la rémunération
Le constat dressé par les autorités provinciales est sans appel : l'éloignement des agences de paiement constitue un frein majeur à la continuité pédagogique. De nombreux enseignants sont contraints d'effectuer de longs déplacements pour percevoir leur salaire, provoquant des absences répétées dans les salles de classe. Pour pallier cette situation, la conférence préconise une décentralisation accrue du système de paie et l'instauration de mécanismes de proximité. Cette réflexion s'appuiera sur une étude comparative des modèles de gestion en vigueur dans les pays voisins, notamment au Burundi et en Tanzanie.
Protection contre le surendettement
Au-delà de la logistique, la conférence a soulevé une problématique sociale préoccupante : les pratiques de crédit proposées aux enseignants par certains agents payeurs. Ces prêts, souvent assortis de taux d'intérêt élevés, exposent le personnel éducatif à un risque d'endettement chronique. Les ministres provinciaux demandent désormais un renforcement de la réglementation et une supervision stricte de ces mécanismes financiers afin de garantir la protection du pouvoir d'achat des enseignants, pilier essentiel de la stabilité du secteur.
Adaptation aux zones de crise
La rentrée scolaire 2026, fixée au 1er septembre, se prépare dans un contexte sécuritaire et sanitaire complexe. Les recommandations adoptées insistent sur la nécessité d'une flexibilité du calendrier scolaire dans les zones affectées par les conflits ou les crises sanitaires. Pour assurer la continuité des apprentissages, les autorités provinciales préconisent le déploiement de solutions pédagogiques numériques accessibles hors ligne, permettant ainsi de maintenir un lien éducatif malgré les interruptions forcées des cours.
Un dialogue social sous tension
Ces propositions interviennent alors que le climat social reste tendu à quelques jours de la rentrée. Si la Direction nationale de contrôle, de préparation de la paie et de maîtrise des effectifs (Dinacope) a récemment régularisé la situation de plus de 24 000 enseignants, les revendications syndicales persistent. Dans certaines provinces, comme le Maï-Ndombe, des menaces de grève ont été exprimées en raison d'arriérés de paiement. La ministre d’État, Raïssa Malu Dinanga, a souligné l'importance de traduire ces recommandations en actions concrètes, tout en clarifiant la répartition des responsabilités entre le gouvernement central et les entités provinciales pour assurer une rentrée apaisée.