Près de dix mois après la signature de l'accord-cadre de Doha, le processus de paix entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l'AFC/M23 peine à produire des résultats tangibles. Si un nouveau mécanisme d'examen des progrès a été instauré le 23 août 2026, le bilan opérationnel demeure très en deçà des attentes initiales, avec seulement deux protocoles validés sur les huit prévus et une libération de détenus qui ne concerne qu'une infime fraction des effectifs concernés.
Un bilan législatif et opérationnel en berne
L'accord-cadre, paraphé le 15 novembre 2025, reposait sur une architecture de huit protocoles. À ce jour, seuls deux ont été formellement signés, et ce, avant même la conclusion de l'accord global : celui relatif à la libération des prisonniers et celui portant sur la surveillance du cessez-le-feu. Les six autres volets, cruciaux pour le retour à la normale, restent en suspens. Ces textes, qui doivent traiter de la restauration de l'autorité de l'État, du désarmement et du sort des réfugiés, sont pourtant les seuls capables de modifier durablement la situation sur le terrain.
La libération des détenus : une avancée symbolique
Le mécanisme de libération des 477 détenus, réclamés par les deux parties, illustre la lenteur du processus. En août 2026, seules quinze personnes ont été libérées avec l'appui du Comité international de la Croix-Rouge, soit à peine 3,1 % des effectifs prévus. Malgré les engagements pris à Montreux en avril 2026, le calendrier initial a été largement dépassé, laissant en suspens la question du sort des centaines d'autres individus toujours incarcérés.
Le défi du contrôle territorial
Le mécanisme de vérification du cessez-le-feu, bien qu'opérationnel depuis peu, se concentre sur des missions de suivi et des méthodes de signalement. Le 24 août 2026, une première mission a été déployée à Minembwe, traversant des zones sous contrôle de l'AFC/M23 et des institutions provinciales. Toutefois, le retrait des forces occupantes ne figure dans aucun des protocoles signés. Cette absence constitue le point de blocage majeur : tant que les arrangements sécuritaires ne seront pas actés, aucun changement territorial significatif ne pourra être observé.
Une nouvelle clause pour débloquer les négociations
Lors des discussions tenues en Suisse en août 2026, les parties ont introduit une disposition stipulant que l'ordre de négociation des protocoles ne conditionnera pas leur mise en œuvre. Cette flexibilité, saluée par les médiateurs internationaux, vise à éviter le blocage systématique des dossiers les plus complexes. La réussite de cette stratégie dépendra désormais de la volonté des parties à ouvrir prioritairement les protocoles les plus sensibles, un enjeu que le nouveau mécanisme d'examen des progrès devra impérativement monitorer pour éviter l'enlisement.