Le professeur et député Paul-Gaspard Ngondankoy est au cœur des débats politiques en République démocratique du Congo (RDC) avec sa proposition de loi visant à encadrer l'organisation des référendums. Alors que le président Félix Tshisekedi a publiquement exprimé son souhait de réviser la Constitution de 2006, cette initiative législative cristallise les tensions entre le pouvoir et une opposition qui y voit un outil potentiel de maintien au pouvoir.
Un cadre juridique pour le référendum
La Constitution congolaise actuelle autorise le recours au référendum sans toutefois en définir précisément les modalités d'application. Pour combler ce vide juridique, Paul-Gaspard Ngondankoy, ancien directeur de cabinet de l'ex-Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, a déposé une proposition de loi dès son entrée à l'Assemblée nationale en 2024. Le texte a franchi une étape décisive le 28 juillet dernier avec sa validation par la Cour constitutionnelle, bien qu'il doive encore retourner devant le Parlement pour intégrer les réserves émises par l'institution judiciaire.
Coïncidence ou stratégie politique
La concomitance entre cette démarche législative et la volonté affichée du chef de l'État de modifier la loi fondamentale alimente les spéculations. Si le professeur reconnaît une « parenté d'idée » avec la vision présidentielle, il nie toute concertation préalable avec Félix Tshisekedi. Pour l'auteur du texte, il s'agit avant tout d'un travail technique visant à doter le pays d'un instrument démocratique nécessaire, indépendamment des intentions politiques actuelles du pouvoir en place.
Une opposition mobilisée face aux risques de dérive
L'opposition congolaise perçoit cette loi comme une manœuvre tactique destinée à faciliter une révision constitutionnelle qui permettrait au président Tshisekedi de prolonger son mandat au-delà de 2029. Qualifié d'« apprenti sorcier » par ses détracteurs, Paul-Gaspard Ngondankoy rejette ces accusations, affirmant que la question d'un changement de Constitution n'est pas encore à l'ordre du jour. Malgré ces assurances, le climat reste tendu : des manifestations sont prévues devant le Parlement pour contester ce processus législatif, témoignant de la profonde méfiance qui entoure toute réforme de la loi suprême dans le pays.