Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont officiellement mis en garde, le 8 octobre 2026, certains responsables du mouvement Mobondo actifs dans le territoire de Kwamouth. Ces derniers sont accusés d'exploiter le processus de désarmement pour dissimuler une reprise des hostilités et tenter de restaurer une autorité parallèle dans la région.
Détournement des mécanismes de pacification
Le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole des opérations Ngemba, a souligné une stratégie préoccupante : sous couvert de sensibiliser leurs anciens combattants à la reddition, certains chefs de milice retournent sur le terrain pour réorganiser leurs troupes. Cette manœuvre vise également à s'autoproclamer chefs coutumiers, une tactique qui permet à ces acteurs de s'emparer de l'autorité locale. L'armée insiste sur le fait que le processus de paix ne peut servir de paravent à la reconstitution de groupes armés.
Une instabilité persistante malgré les démobilisations
Cette mise en garde intervient seulement sept semaines après l'annonce, le 18 août 2026, de la reddition de 596 miliciens Mobondo et la récupération de 146 armes sur les axes stratégiques du Grand Bandundu. Malgré cette séquence de désarmement, les incidents se multiplient. Dès le 10 septembre, des miliciens réfractaires avaient déjà été signalés en train d'installer arbitrairement de nouveaux chefs coutumiers, confirmant que la dynamique de violence demeure active malgré les efforts de réinsertion menés à Kanyama Kasese.
L'enjeu foncier au cœur des tensions
Le conflit Mobondo puise ses racines dans une lutte communautaire ancienne entre les Teke et les Yaka, portant sur la gestion des terres et les redevances foncières. En cherchant à imposer leurs propres chefs coutumiers, les miliciens tentent de verrouiller le contrôle territorial sur cette zone charnière. La situation revêt un caractère national critique, Kwamouth étant un point de passage névralgique pour l'approvisionnement de Kinshasa via la route nationale n° 1. L'impact humanitaire reste lourd, avec plus de 118 000 déplacés internes recensés au Kwilu depuis avril 2025, illustrant l'urgence de stabiliser durablement cet axe stratégique.