Vingt-quatre ans après la promulgation du code forestier en 2002, l'article 109, qui impose la transformation locale de 70 % du bois exporté, reste lettre morte. Réunis à Kinshasa, les acteurs institutionnels et la société civile ont lancé une concertation pour identifier les leviers permettant enfin d'appliquer cette disposition et de valoriser les ressources forestières nationales.
Un déséquilibre persistant dans l'exportation
Le cadre légal actuel stipule que 70 % du bois doit être transformé sur place, réservant l'exportation de grumes brutes aux seuls exploitants disposant d'unités de transformation opérationnelles. Dans les faits, cette règle n'a jamais été réellement appliquée. Le bois congolais continue de quitter le territoire majoritairement sous forme brute, privant le pays d'une valeur ajoutée industrielle significative et d'opportunités d'emplois locaux.
Trois leviers pour une réforme structurelle
Pour rendre cette obligation effective, des recommandations ont été formulées autour de trois axes stratégiques. Le premier est d'ordre fiscal, avec l'idée d'une taxation dégressive récompensant les entreprises qui investissent dans la transformation poussée. Le second concerne l'accès aux infrastructures industrielles. Enfin, le troisième levier mise sur la création de zones économiques spéciales (ZES), à l'instar du modèle industriel de Nkok au Gabon, pour centraliser les activités et faciliter l'accès à l'énergie et aux services logistiques.
Un diagnostic préalable indispensable
Avant toute modification réglementaire, le ministère de l'Environnement et ses partenaires prévoient la réalisation d'études socio-économiques approfondies. Ce diagnostic doit permettre d'identifier précisément les blocages, notamment les carences en infrastructures énergétiques qui freinent l'installation d'unités de transformation. L'objectif est de passer d'une intention législative à une réalité industrielle viable.
Une synergie interministérielle nécessaire
La réussite de cette réforme dépasse les compétences du seul ministère de l'Environnement. Elle nécessite une coordination étroite avec les ministères des Finances, du Commerce extérieur, ainsi que des organismes de contrôle comme l'Office congolais de contrôle. La finalité est d'aboutir à un décret d'application harmonisé. Toutefois, le calendrier de mise en œuvre reste à définir, tout comme la disponibilité de données publiques précises sur les volumes réels de bois exportés, un manque qui complique l'évaluation de l'impact économique actuel.