La société civile du Kasaï-Central, par la voix de Daniel Ntumba Tshimanga, coordonnateur de la structure Debout Congolais pour le Développement Intégral (DCDD), a exprimé son soutien à l'initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi. Cet appui est toutefois conditionné par une exigence de crédibilité et d'inclusivité, afin d'éviter les échecs des précédentes tentatives de résolution de crise.
L'impératif d'une consultation ancrée dans les provinces
Le processus annoncé par le chef de l'État prévoit des consultations préalables dans les 26 provinces du pays. Pour la société civile de Kananga, cette étape est cruciale : elle doit permettre de faire remonter les préoccupations réelles des populations vers le niveau national. Daniel Ntumba Tshimanga insiste sur la nécessité d'une représentativité diversifiée, incluant les femmes, les jeunes, les étudiants, les personnes vivant avec un handicap et les mouvements citoyens. Il met en garde contre une sélection basée sur des réseaux d'influence, soulignant que la qualité des participants déterminera la pertinence du diagnostic final.
Souveraineté et responsabilité nationale
Un point central de cette prise de position concerne la nature endogène du dialogue. La société civile plaide pour une concertation menée exclusivement par les Congolais, critiquant le recours systématique aux médiations extérieures. Selon cette vision, le dialogue doit servir de levier pour que les acteurs nationaux assument pleinement leurs responsabilités face à la crise sécuritaire, notamment dans l'Est du pays. Cette approche vise à renforcer la stabilité interne sans déléguer la résolution des conflits à des instances étrangères.
Justice et refus de l'impunité
Le dialogue ne doit, en aucun cas, devenir un mécanisme d'effacement des responsabilités pénales. La société civile de Kananga appuie la position présidentielle excluant toute amnistie pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, le génocide ou les violences sexuelles. Pour les acteurs locaux, la quête de paix ne peut se construire sur l'oubli des crimes graves, rappelant que la stabilité durable exige le respect des principes de justice et de redevabilité.
Les risques d'un processus biaisé dès la base
La vigilance reste de mise quant à la mise en œuvre concrète de ces assises. Daniel Ntumba Tshimanga prévient que si le processus est faussé dès les consultations provinciales par le favoritisme, les résultats nationaux seront inévitablement compromis. L'enjeu est donc de transformer cette opportunité en un véritable espace de réflexion, plutôt qu'en une simple formalité politique, afin de poser les bases d'une paix durable en République démocratique du Congo.