RDC : La création d'un comité pour le dialogue national ravive les tensions politiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
RDC : La création d'un comité pour le dialogue national ravive les tensions politiques

Le président Félix Tshisekedi a signé, le 13 septembre, une ordonnance instituant le Comité d'organisation du dialogue national en République démocratique du Congo. Cette structure, chargée de définir les paramètres logistiques et techniques de futures discussions, suscite une levée de boucliers au sein de l'opposition qui dénonce une manœuvre unilatérale du pouvoir.

Une architecture sous contrôle présidentiel

L'ordonnance présidentielle confère au chef de l'État une mainmise totale sur la future instance. Bien qu'il ne préside pas directement les réunions, Félix Tshisekedi conserve le pouvoir exclusif de nommer le coordonnateur, son adjoint et les membres du comité, tout en ayant la prérogative de les révoquer. Le secrétariat technique, composé de 11 experts, sera également désigné par ses soins. En outre, le comité devra rendre compte de ses travaux au directeur de cabinet du président, tandis que la communication publique autour du projet restera sous le contrôle direct de la présidence.

Le spectre du juge et partie

Pour les opposants, cette structure confirme la crainte d'un processus verrouillé. Le cœur de la critique repose sur le fait que le pouvoir, partie prenante aux enjeux nationaux, s'arroge le droit de définir seul le cadre, les thèmes et le calendrier du dialogue. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a qualifié cette initiative de « non-événement », tandis que la coalition Ensemble pour la République y voit une tentative de démobilisation face aux contestations en cours.

Une mobilisation maintenue

Loin de calmer le jeu politique, l'annonce a renforcé la détermination des forces d'opposition. La coalition C64, qui appelle à une mobilisation contre toute modification de la Constitution, maintient ses actions de terrain. Pour ses membres, la priorité demeure la défense de l'ordre constitutionnel, perçue comme incompatible avec le format actuel proposé par l'exécutif. De son côté, la Commission congolaise des droits de l'homme, par la voix de son président Paul Nsapu, appelle à la retenue, soulignant son intention de surveiller le respect des valeurs démocratiques et de dénoncer tout abus durant ce processus politique.

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