RDC : Kinshasa bloque l’instrumentalisation des universités par le M23 et protège les étudiants congolais

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 129 lectures
RDC : Kinshasa bloque l’instrumentalisation des universités par le M23 et protège les étudiants congolais

Le gouvernement de la RDC a pris des mesures exceptionnelles pour protéger les étudiants et la valeur des diplômes dans onze universités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ciblant spécifiquement les établissements sous pression de l’AFC/M23, un mouvement soutenu par le Rwanda. Ces décisions, prises pendant les vacances académiques, visent à garantir la continuité des parcours éducatifs et à empêcher que l’enseignement supérieur ne devienne un « butin de guerre ».

Onze établissements sous surveillance : Goma et Bukavu en première ligne

Les mesures conservatoires concernent onze universités publiques situées à Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu), deux villes particulièrement exposées aux ingérences du M23. Le gouvernement dénonce l’éviction irrégulière des comités de gestion légitimes et leur remplacement par des membres affiliés au mouvement armé, une pratique qualifiée de « violation flagrante de la souveraineté académique ». Ces établissements, dont les noms n’ont pas été divulgués, voient leurs activités suspendues temporairement afin d’organiser, avant la rentrée 2026-2027, l’orientation des étudiants vers des structures conformes à la légalité congolaise.

Diplômes protégés, parcours préservés : une réponse juridique et humanitaire

Contrairement à une fermeture générale, ces mesures ne remettent pas en cause les acquis académiques déjà obtenus. Aucun étudiant ne sera contraint de recommencer son cursus, et les diplômes déjà délivrés conservent leur validité. Cette approche s’appuie sur des textes constitutionnels (articles 42, 43 et 45) et la Loi-cadre de 2014 sur l’enseignement national, ainsi que sur des engagements internationaux, dont la Résolution 2601 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la protection de l’éducation en temps de conflit. Le gouvernement rappelle que l’occupation d’un territoire ne confère aucun droit administratif ou académique à un mouvement armé, et que seule l’autorité légitime de la RDC peut gérer les institutions éducatives.

Enseignants sous pression : entre solidarité et fermeté

Le gouvernement assure que les enseignants régulièrement reconnus, y compris ceux déplacés ou empêchés d’exercer par l’occupation, continuent de percevoir leur salaire. Cependant, les cas de collaboration avérée avec le M23 font l’objet d’enquêtes individuelles, menées dans le respect des droits de la défense. Cette position reflète un équilibre entre la protection des victimes de la guerre et le refus de financer des acteurs impliqués dans l’agression contre l’État congolais. Par ailleurs, Kinshasa réaffirme sa volonté de maintenir les services publics dans les zones occupées, malgré les défis sécuritaires, en continuant à rémunérer ses agents et à soutenir les structures éducatives.

Une stratégie globale : éducation et restauration de l’autorité de l’État

Ces mesures s’inscrivent dans une démarche plus large visant à préserver la souveraineté nationale et les droits fondamentaux. Le gouvernement insiste sur la nécessité de mettre fin à l’agression, de rétablir l’autorité de l’État dans les territoires occupés et de restaurer le fonctionnement régulier des institutions. En parallèle, il rappelle que l’occupation ne doit pas servir de prétexte pour paralyser les services publics, y compris l’éducation, et que la communauté internationale a un rôle à jouer pour faire respecter ces principes. La réévaluation des mesures sera conditionnée par l’évolution de la situation sécuritaire et le rétablissement de la légalité institutionnelle.

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