RDC : Face aux rapts des ADF en Ituri, la société civile lance une grève fiscale

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
RDC : Face aux rapts des ADF en Ituri, la société civile lance une grève fiscale

L'insécurité franchit un nouveau palier dans l'est de la République démocratique du Congo avec le kidnapping massif d'une cinquantaine de civils dans la province de l'Ituri. Face à cette incursion attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), la société civile locale durcit le ton en appelant à une grève fiscale pour contraindre l'État à réagir. Cette escalade illustre le désarroi croissant des populations rurales face à l'impuissance des autorités face aux violences armées.

Les faits essentiels

Le week-end du 15 au 16 août 2026 a été marqué par une nouvelle vague de violences dans le territoire de Mambasa, situé dans la province de l'Ituri. Selon les révélations de l'organisation locale de la société civile « Protection plus », une cinquantaine d'agriculteurs ont été enlevés par des éléments armés identifiés comme appartenant aux Forces démocratiques alliées (ADF). L'incursion s'est produite dans les champs du village de Kilibo, au sein de la chefferie des Babila-Babombi, alors que les victimes s'attelaient à leurs travaux champêtres. En parallèle, l'organisation rapporte que cinq autres civils ont été sauvagement égorgés dans la localité voisine de Bandisendé, illustrant la multiplication des attaques ciblées contre les populations locales.

Pourquoi c'est important

Ces événements mettent en lumière la rupture de confiance progressive entre les populations de l'est de la RDC et les autorités étatiques chargées de leur protection. Pour protester contre cette dégradation sécuritaire continue, la société civile de Mambasa a pris une décision forte : elle demande officiellement aux habitants de suspendre le paiement des taxes locales pendant une période de six mois. Cette initiative de désobéissance civile vise à faire pression directement sur le gouvernement congolais afin qu'il déploie des mesures militaires et sécuritaires concrètes. Le coordonnateur de « Protection plus », John Vuleveryo Musombolwa, exprime une colère profonde face à un quotidien rythmé par les massacres et les rapts, qualifiant la souffrance des citoyens d'insupportable et dénonçant un sentiment d'abandon généralisé.

Ce qu'il faut surveiller

Dans les semaines à venir, l'évolution de la situation dépendra de plusieurs facteurs clés. Il conviendra tout d'abord de suivre le niveau d'adhésion de la population à ce mot d'ordre de grève fiscale de six mois, et l'impact réel que ce manque à gagner financier aura sur l'administration locale. La réaction du gouvernement congolais face à ce moyen de pression inédit sera également déterminante : les autorités vont-elles engager un dialogue ou intensifier les opérations militaires dans la chefferie des Babila-Babombi pour rassurer les habitants ? Enfin, le sort de la cinquantaine d'agriculteurs retenus en otage par les ADF demeure la préoccupation humanitaire la plus urgente, alors que la peur continue de paralyser les activités agricoles indispensables à la survie économique de la région.

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