Lors de l'Assemblée générale des Nations unies le 23 septembre 2026, les Premiers ministres de la République démocratique du Congo et du Rwanda ont réaffirmé leur volonté de résoudre le conflit dans l'est congolais. Si les deux parties reconnaissent les avancées diplomatiques récentes, la méfiance demeure, Kinshasa et Kigali s'accusant mutuellement de lenteurs dans l'exécution des engagements pris.
La divergence des priorités politiques
Pour le Premier ministre rwandais, Justin Nsengiyumva, la résolution de la crise doit impérativement passer par une approche politique. Il a souligné que les accords de Washington (juin 2025) et de Doha (novembre 2025) constituent une base solide pour stabiliser la région. Selon Kigali, les racines du conflit sont à chercher dans des défaillances de gouvernance et des questions d'exclusion, nécessitant un dialogue politique approfondi plutôt qu'une simple gestion sécuritaire.
Kinshasa exige la fin des ingérences
De son côté, la Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a insisté sur le fossé qui sépare encore les promesses diplomatiques de la réalité vécue par les populations civiles. Kinshasa exige désormais des actes concrets plutôt que de nouveaux engagements. Le rapatriement, le 8 septembre 2026, de 120 membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) avec l'appui de la Monusco est présenté par le gouvernement congolais comme une preuve de bonne foi. Pour Judith Suminwa, cette avancée rend caduc tout prétexte justifiant la présence de troupes étrangères, notamment de la Rwanda Defence Force, sur le sol congolais.
Vers un mécanisme de vérification indépendant
Face à l'inefficacité des accords actuels à faire cesser les combats, la cheffe du gouvernement congolais a plaidé pour une structuration plus rigoureuse du processus de paix. Elle réclame l'établissement d'un calendrier précis, coordonné entre les mécanismes de Washington, de Doha et de l'Union africaine. Cette demande s'accompagne d'un besoin crucial de mécanismes de vérification indépendants et d'un partage transparent de l'information. L'enjeu est de taille : il s'agit d'imposer des conséquences effectives en cas de violation des accords, alors que le groupe armé AFC/M23 continue d'occuper des pans entiers du Nord et du Sud-Kivu, malgré les sanctions internationales visant l'armée rwandaise depuis mars 2026.