Au terme de six années passées à la tête de la délégation du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en République démocratique du Congo, Pierre Achom a officiellement conclu sa mission lors d'un entretien avec le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango. Ce départ intervient dans un contexte de forte activité diplomatique visant à structurer le retour volontaire des populations déplacées.
Une dynamique diplomatique régionale relancée
Le premier semestre 2026 a été marqué par une intensification des cadres de concertation. Quatre commissions tripartites — réunissant la RDC, un pays voisin et le HCR — ont été réactivées ou tenues. Ces instances, essentielles pour conférer une base juridique aux rapatriements, concernent la Zambie, le Burundi, la Centrafrique et le Rwanda. Ces discussions visent à garantir que les retours s'effectuent sur une base volontaire et sécurisée, tout en assurant la protection des réfugiés étrangers présents sur le sol congolais.
Au-delà des négociations, une présence sur le terrain
L'action du HCR sous le mandat de Pierre Achom ne s'est pas limitée aux enceintes diplomatiques. L'agence onusienne a maintenu un engagement opérationnel axé sur trois piliers : le monitoring des frontières, la protection communautaire et le développement d'infrastructures sociales. La construction et la réhabilitation d'écoles et de centres de santé dans les zones d'accueil constituent un levier stratégique pour favoriser l'acceptation des réfugiés par les communautés locales, tout en améliorant les conditions de vie des populations déplacées internes et des apatrides.
Le défi persistant de l'instabilité à l'Est
Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sécuritaire demeure préoccupante. La mission sortante a été marquée par l'offensive de l'AFC/M23, qui a engendré des déplacements massifs de populations, notamment vers l'Ouganda. La situation est complexifiée par l'installation, en juillet 2026, d'une structure parallèle de gestion des réfugiés par le mouvement rebelle à Goma, en dehors de tout cadre légal national ou international. Ce dédoublement des instances pose un défi majeur pour la continuité de la protection des civils.
Les indicateurs de suivi pour la transition
La succession à la tête du HCR en RDC sera déterminante pour la suite des opérations. L'efficacité des cadres de rapatriement signés sera évaluée à l'aune de trois facteurs : la nomination rapide d'un successeur, le maintien du calendrier des commissions tripartites — dont la prochaine échéance avec la Zambie est attendue — et, surtout, le volume réel de retours volontaires enregistrés sur le terrain au cours de l'année 2026.