Le 29 juin, le Grand Rex s’apprête à vibrer au rythme d’une histoire familiale et musicale. Ravi Coltrane, le fils de John Coltrane, y joue un hommage vibrant à son père et à Miles Davis. Mais attention : ce n’est pas un simple tribut. C’est une déclaration d’amour, une réinvention, une façon de dire : « Je suis moi, et c’est ça, la révolution. »
Un héritage qui ne se porte pas comme un manteau.
Terence Blanchard, trompettiste et ami proche, a poussé Ravi Coltrane à monter cette tournée. « Je n’ai pas essayé de devenir le nouveau John ou Alice Coltrane », clame-t-il, comme pour dissoudre d’un geste toute attente de comparaison. Et pourtant, l’ombre de son père plane. John Coltrane, ce génie du saxophone qui a révolutionné le jazz avec A Love Supreme, meurt en 1967. Son fils, né en 1965, grandit entre partitions et silences. « Mon père était un homme de foi et de musique », raconte Ravi. « Mais moi, je suis né dans les années 70, j’ai grandi avec le hip-hop, le funk… »
Alors comment honorer sans copier ? La réponse réside dans l’écart. Ravi Coltrane ne cherche pas à imiter. Il explore. « Je joue avec l’énergie de mon époque, » explique-t-il. Ses concerts mêlent jazz, électro, même des influences africaines. Le résultat ? Une musique qui danse entre tradition et futur, comme si John Coltrane avait tourné la page… pour mieux en écrire une nouvelle.
Miles Davis, ce miroir brisé et fascinant.
La tournée célèbre aussi les 100 ans de Miles Davis, ce génie maudit qui a façonné le jazz moderne. « Davis était un visionnaire, » souligne Ravi. « Il a toujours été en avance sur son temps. » Mais attention : ce n’est pas un culte aveugle. Ravi Coltrane pointe les contradictions de Davis, son côté misogyne, son alcoolisme. « Je ne glorifie pas ses ombres, » précise-t-il. Il célèbre l’artiste, pas l’homme.
Son set au Grand Rex sera un voyage. Des standards de Coltrane, des compositions originales, des morceaux inspirés de Davis. « Je veux montrer que la musique peut être à la fois intime et épique, » confie-t-il. Et si le public attend un concert sobre, il sera surpris. Ravi Coltrane joue avec la lumière, les silences, les explosions. « Le jazz, c’est comme la vie : ça peut être doux ou violent, » résume-t-il.
Paris, le 29 juin : un moment à ne pas manquer.
Ce qui se joue au Grand Rex, ce n’est pas qu’un concert. C’est un dialogue entre générations, entre héritage et liberté. Ravi Coltrane refuse les étiquettes. « Je suis un musicien, point. » Alors pourquoi tant de monde se presse-t-il pour l’entendre ?
Parce qu’il incarne une question essentielle : peut-on être soi-même tout en portant les épaules des géants ? Sa réponse, le 29 juin, résonnera dans la salle. Et peut-être bien au-delà.
« Le jazz ne meurt jamais. Il se réinvente. » Alors, ce soir-là, qui réinventera Ravi Coltrane ?