Plus de trente ans après son entrée en vigueur, la Constitution ghanéenne de 1992 fait l'objet d'un débat sur sa pertinence face aux enjeux contemporains. Rashid Tanko Computer, directeur adjoint des élections et des technologies de l'information du National Democratic Congress (NDC), a récemment souligné l'urgence d'une révision globale pour moderniser les mécanismes administratifs et démocratiques du pays.
Une nécessité de mise à jour institutionnelle
Pour Rashid Tanko Computer, la loi fondamentale du Ghana a atteint un stade de maturité qui impose une évaluation critique. Il soutient que le gouvernement doit s'appuyer sur les recommandations contenues dans les livres blancs précédents pour engager un processus de réforme substantiel. L'objectif est de rendre l'appareil d'État plus réactif et en phase avec les réalités socio-politiques actuelles, après trois décennies d'application ininterrompue.
Le défi de l'élection des responsables locaux
Au cœur de cette réflexion figure la question de l'élection des responsables des administrations locales, les Metropolitan, Municipal and District Chief Executives (MMDCEs). Des propositions suggèrent d'autoriser les partis politiques à présenter ouvertement des candidats à ces postes. M. Tanko Computer met toutefois en garde contre une transposition de modèles étrangers inadaptés au système ghanéen. Il rappelle que le pays fonctionne sous un régime présidentiel unitaire et non fédéral, ce qui limite la pertinence de certaines réformes décentralisatrices prônées par divers syndicats ou organisations.
Risques de blocages et enjeux de sécurité
L'argument principal avancé contre la partisanerie accrue au niveau local réside dans la crainte de créer des centres de pouvoir concurrents. Selon le responsable du NDC, permettre aux partis politiques de s'affronter directement pour les postes de MMDCE pourrait paralyser l'action gouvernementale. Il illustre son propos en évoquant la difficulté pour un président élu sur un mandat national de coordonner les politiques publiques et la distribution des ressources si les administrations locales d'une région entière sont aux mains de l'opposition.
Cette configuration, selon lui, pourrait engendrer des tensions politiques majeures et poser de réels problèmes de sécurité nationale. En l'absence d'une répartition constitutionnelle des pouvoirs propre au fédéralisme, une telle réforme risquerait de fragmenter l'autorité centrale et de nuire à la cohésion de l'État.