Le président Cyril Ramaphosa a validé la première phase du plan de restructuration d’Eskom, marquant une étape clé vers la libéralisation du secteur électrique sud-africain. Cette réforme, portée par une task force interinstitutionnelle, vise à introduire de la concurrence, attirer des investissements et réduire les tarifs pour soutenir la croissance économique et la création d’emplois.
Un projet structurant pour le secteur énergétique
La validation de la Phase I du rapport de la *Eskom Restructuring Task Team* (ERTT) par le chef de l’État sud-africain ouvre la voie à une refonte profonde du modèle électrique national. Pilotée par des représentants de la Présidence, du Trésor public, du ministère de l’Électricité et de l’Énergie, ainsi que d’Eskom et de la société de transport d’électricité, cette initiative s’articule autour de deux phases distinctes.
La Phase I, achevée fin juin, a permis d’élaborer une proposition de haut niveau pour la création d’une société indépendante de transport d’électricité (TSO). Ce nouvel acteur, considéré comme un levier essentiel, doit favoriser l’émergence d’un marché de gros compétitif, garantissant à la fois une électricité fiable et abordable. La Phase II, dont l’achèvement est prévu dans les trois prochains mois, consistera à finaliser un plan d’exécution détaillé, incluant des échéances précises pour concrétiser cette restructuration.
Enjeux économiques et défis à relever
L’objectif affiché de cette réforme est triple : stimuler la croissance économique, attirer des investissements étrangers et nationaux, et réduire les coûts de l’électricité pour les ménages et les entreprises. La création d’un marché concurrentiel, centré sur la TSO, doit permettre de briser le monopole historique d’Eskom, souvent critiqué pour ses défaillances opérationnelles et ses tarifs élevés. À terme, cette libéralisation pourrait aussi renforcer la sécurité énergétique du pays, régulièrement menacée par des pénuries et des délestages.
Cependant, la réussite de ce projet dépendra de plusieurs facteurs, notamment la capacité à mobiliser des capitaux privés pour moderniser les infrastructures et à garantir une régulation transparente. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la mise en œuvre concrète de ces mesures et leur impact sur le secteur, alors que l’Afrique du Sud cherche à concilier transition énergétique et stabilité économique.