À l'approche des élections générales nigérianes de 2027, Rabiu Kwankwaso, figure de proue du National Democratic Congress (NDC), remet en question la stratégie traditionnelle reposant sur le nombre de gouverneurs acquis à une formation politique. Selon lui, cette domination territoriale ne constitue en rien un gage de succès face à un électorat de plus en plus critique.
Le poids relatif des gouverneurs
Lors d'une rencontre publique organisée dans l'État de Rivers, l'ancien gouverneur de l'État de Kano a souligné que l'histoire électorale récente du pays démontre qu'un parti au pouvoir peut subir une défaite cinglante malgré un contrôle étendu sur les États. Pour Kwankwaso, miser sur le soutien de plus de 30 gouverneurs est une erreur d'analyse stratégique majeure, car la dynamique électorale dépend davantage de l'adhésion populaire que des structures administratives en place.
Bilan de gouvernance et crise de légitimité
L'argument central de Kwankwaso repose sur la performance réelle des exécutifs locaux. Il anticipe des difficultés majeures pour certains gouverneurs, particulièrement dans le Nord du pays, à mener campagne pour leurs partis respectifs. Il estime que leur bilan, jugé insuffisant, entrave leur capacité à mobiliser les électeurs. Cette analyse s'inscrit dans un contexte de mécontentement social croissant, exacerbé par une gestion des ressources publiques que l'opposant juge défaillante malgré une augmentation substantielle des revenus étatiques.
Gestion des ressources et insécurité
Comparant les budgets actuels à ceux de 1999, Kwankwaso a pointé du doigt un décalage frappant entre les fonds perçus par les gouvernements — dépassant les 1 000 milliards de nairas sur une période récente — et l'impact réel sur les conditions de vie des citoyens. Cette gestion, couplée à une insécurité persistante, notamment dans le Nord, nourrit une colère publique que les partis politiques ne sauraient ignorer. Pour l'ancien gouverneur, l'incapacité à transformer les ressources financières en services publics tangibles constitue le principal risque politique pour les sortants lors du prochain scrutin.