Un nouveau drame minier frappe la Guinée : quatre orpailleurs ont péri dans l’effondrement d’une galerie clandestine à Siguiri, relançant les interrogations sur la régulation de l’exploitation aurifère artisanale dans le pays. Les opérations de secours se poursuivent ce vendredi 21 août 2026 sur le site de Sorotonbo, où des engins lourds tentent de dégager les victimes ensevelies sous les décombres d’une mine abandonnée mais toujours exploitée illégalement.
Sorotonbo, une zone minière sous haute tension depuis 2010
Le drame s’est produit dans la soirée du jeudi 20 août 2026, sur un site d’exploitation aurifère situé dans la zone de Sorotonbo, district de Farabolony, sous-préfecture de Niagassola. Selon les autorités locales, la mine avait été interdite en 2010 en raison de son état de dégradation avancé. Pourtant, malgré cette décision, des orpailleurs continuaient à y travailler clandestinement, exploitant des galeries abandonnées et fragilisées par le temps.
Le troisième vice-maire de Niagassola, Namagan Keïta, a confirmé que « depuis 2010, cette zone a connu une exploitation minière très convoitée. Après cela, la zone était interdite, mais dans la clandestinité, les orpailleurs continuaient à y travailler ». L’éboulement, survenu en pleine activité, a coûté la vie à quatre personnes, dont le bilan provisoire a été communiqué par les autorités communales.
Des risques connus, une exploitation qui persiste
Les galeries abandonnées ou mal sécurisées représentent un danger permanent pour les orpailleurs, surtout lorsque les travaux se poursuivent en violation des interdictions. Ce drame illustre les risques systémiques liés à l’orpaillage illégal en Guinée, où la précarité pousse des milliers de personnes à braver les dangers pour extraire de l’or.
Les opérations de recherche, lancées dès le vendredi matin, mobilisent des engins lourds pour tenter de localiser d’éventuelles autres victimes sous les décombres. La situation reste sous haute surveillance des autorités locales, qui redoutent un bilan définitif plus lourd.
Vers un durcissement des contrôles dans la région de Siguiri ?
Ce nouveau drame intervient alors que les autorités guinéennes affichent leur volonté de renforcer le contrôle de l’exploitation minière artisanale et de lutter contre l’orpaillage illégal dans la région de Siguiri. Une politique de régulation qui pourrait s’intensifier, notamment dans les zones à haut risque comme Sorotonbo.
Pourtant, la persistance de l’exploitation clandestine pose la question de l’efficacité des mesures en place. Entre pauvreté des populations locales et appétit pour l’or, les défis restent immenses pour concilier sécurité, légalité et développement économique dans ce secteur.