Quatorze inculpés renvoyés en justice belge pour détournement de 60 $ par passeport biométrique de la RDC

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Quatorze inculpés renvoyés en justice belge pour détournement de 60 $ par passeport biométrique de la RDC

Le 1er septembre 2026, la justice belge a renvoyé quatorze personnes devant un tribunal correctionnel pour leur rôle présumé dans le détournement de fonds liés aux passeports biométriques de la République démocratique du Congo. Les faits, mis en lumière par l’enquête collaborative Congo Hold‑Up, soulèvent d’importantes questions de transparence et de gouvernance dans les marchés publics africains.

Le scandale des passeports biométriques de la RDC

Depuis leur lancement en 2015, les passeports biométriques produits par la société belge Semlex sont parmi les plus onéreux au monde, affichant un prix de 185 dollars (environ 160 euros) à l’achat. Selon les investigations, une partie substantielle de ce coût, estimée à 60 dollars par document, aurait été détournée au profit d’intérêts privés, transformant un service public en source de profits illicites.

Les révélations du projet d’enquête Congo Hold‑Up

L’enquête Congo Hold‑Up, menée en partenariat avec RFI, a rassemblé des dossiers, des témoignages et des documents financiers qui démontrent un schéma de corruption impliquant des responsables congolais et des cadres de Semlex. Les preuves indiquent que les fonds détournés auraient été canalisés à travers des sociétés écrans et des comptes offshore, rendant le suivi des flux monétaires particulièrement difficile. Cette affaire s’inscrit dans une série de révélations sur les pratiques d’attribution de marchés publics en Afrique centrale, où la transparence reste souvent insuffisante.

Le renvoi de quatorze accusés devant la justice belge

Le lundi 1er septembre 2026, le tribunal correctionnel de Belgique a décidé de renvoyer quatorze personnes, dont des cadres de Semlex et des partenaires locaux, pour être jugées sur les accusations de détournement de fonds et de corruption. Le renvoi signifie que les prévenus seront jugés en Belgique, où la société mère est établie, conformément aux principes de compétence territoriale en matière de crimes économiques transnationaux. La procédure judiciaire est encore à ses débuts, mais elle marque une première étape importante dans la lutte contre la corruption liée aux marchés publics internationaux.

Enjeux pour la gouvernance et les relations belgo‑congolaises

Ce dossier met en lumière la nécessité pour les États africains de renforcer leurs mécanismes de contrôle des marchés publics et d’assurer une plus grande transparence dans les contrats avec des fournisseurs étrangers. Pour la Belgique, la mise en accusation de ses propres ressortissants montre une volonté d’appliquer la loi au-delà des frontières nationales, ce qui pourrait influencer les futures négociations commerciales avec la RDC. Les observateurs attendent désormais de voir si les procédures judiciaires aboutiront à des condamnations effectives et à des mesures de réparation pour les fonds perdus.

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