Le dossier du projet gazier Yakaar-Teranga est au cœur d'une controverse financière majeure au Sénégal. Alors que le gouvernement a récemment évoqué un manque à gagner de 30 milliards de francs CFA lié au retrait de Kosmos Energy, l'ancien directeur général de PETROSEN, Mamadou Faye, apporte un éclairage divergent en affirmant que l'entreprise n'est redevable d'aucune somme envers l'État.
Un différend sur l'interprétation des obligations contractuelles
Au cœur de cette divergence se trouve l'interprétation du contrat de partage de production. Selon Mamadou Faye, les montants mentionnés dans les décrets de 2021 et 2024 ne sauraient être assimilés à des dettes exigibles ou à des garanties bancaires. L'ancien responsable soutient que ces chiffres ne constituent pas un remboursement dû par l'opérateur en cas de non-exécution, mais doivent être analysés à la lumière des engagements de travail déjà honorés par les compagnies pétrolières.
Le poids des investissements réalisés
Mamadou Faye souligne que Kosmos Energy et son partenaire BP ont engagé des dépenses substantielles, estimées entre 300 et 350 millions de dollars. Ces fonds ont été alloués aux opérations de forage, aux études techniques et aux travaux de confirmation des découvertes. Pour l'ancien dirigeant, ces investissements ont permis aux entreprises de remplir leurs obligations contractuelles lors du premier renouvellement de 2021, leur ouvrant ainsi un droit légitime à l'extension du contrat, indépendamment des débats actuels sur le retrait de l'opérateur.
La primauté du cadre juridique
L'argument central de Mamadou Faye repose sur le respect strict des clauses du contrat de partage de production. Il insiste sur le fait que les droits d'extension et les clauses de stabilité prévus par le cadre juridique initial doivent prévaloir dans l'analyse de ce dossier. Selon cette lecture, loin d'être débitrice, la compagnie aurait agi dans le cadre de ses droits contractuels après avoir satisfait aux exigences de travail initiales. Cette position souligne la complexité des négociations dans le secteur extractif, où la qualification des dépenses et des engagements financiers reste un point de friction récurrent entre les États et les investisseurs internationaux.