Le projet Aintsoa, porté par l’ONG Gret en partenariat avec Nutrizaza et la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), a remis hier à 103 femmes des équipements agricoles et informatiques ainsi que des formations ciblées, afin de faire de l’agriculture urbaine un levier de revenu et de sécurité alimentaire dans la capitale malgache.
Un partenariat public‑privé au service de l’agriculture urbaine
Face à l’insécurité alimentaire qui touche la métropole, les autorités locales ont intégré l’agriculture urbaine parmi les stratégies prioritaires. Le projet Aintsoa s’inscrit dans cette dynamique en réunissant l’expertise de l’ONG Gret, le soutien logistique de Nutrizaza et l’appui institutionnel de la CUA. Cette alliance permet de fournir non seulement du matériel de culture (bacs, systèmes d’irrigation, semences) mais aussi des outils numériques destinés à la gestion des parcelles et à la commercialisation des produits.
103 femmes de huit fokontany formées et équipées
Les bénéficiaires proviennent de huit fokontany de la ville : Ambodimita, Ambodihady, Andohanimandroseza, Ankazomanga Avatrra, Antetezanafovoany, Ampefiloha Ambodirano, Ampangabe Anjanakifolo et Amboditsiry. Lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville d’Analakely, chacune a reçu une attestation de reconnaissance. Les formations, dispensées avec le soutien technique de la CUA, couvrent les bonnes pratiques agronomiques, la gestion des intrants et l’utilisation d’applications mobiles pour suivre les rendements et accéder aux marchés.
Vers une activité génératrice de revenus et d’autonomie alimentaire
L’objectif déclaré du programme est de transformer l’agriculture urbaine en activité rentable. En dotant les femmes d’équipements modernes et en les formant aux techniques de production et de commercialisation, le projet vise à augmenter les rendements, à diversifier les sources de revenu et à réduire la dépendance aux achats alimentaires extérieurs. Les participantes espèrent ainsi améliorer durablement leurs conditions de vie et celles de leurs familles, tout en renforçant la résilience alimentaire de leurs quartiers.
Perspectives et enjeux pour la capitale malgache
Si le premier groupe de 103 femmes montre des résultats positifs, le modèle Aintsoa pourrait être reproduit dans d’autres secteurs de la ville et même dans d’autres villes malgaches. Le suivi technique prévu par la CUA permettra d’évaluer l’impact économique et nutritionnel, tandis que les données collectées via les outils informatiques offriront une base pour ajuster les politiques publiques en matière de sécurité alimentaire urbaine. Le succès du projet dépendra toutefois de la pérennité des financements et de la capacité à créer des débouchés commerciaux stables pour les produits cultivés en ville.