Procès Yahaya Bello : la technique des transactions fictives pour détourner les fonds publics au Nigeria

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Procès Yahaya Bello : la technique des transactions fictives pour détourner les fonds publics au Nigeria

Dans le cadre du procès pour corruption visant l'ancien gouverneur de l'État de Kogi, Yahaya Bello, les enquêteurs de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) ont mis en lumière un mécanisme sophistiqué de détournement de fonds publics. Le témoignage d'un expert en traçage d'actifs a révélé l'utilisation de transactions dites « in-and-out » pour masquer le transfert illicite de milliards de nairas vers des comptes privés.

Le mécanisme des transactions fictives

Devant la Haute Cour fédérale d'Abuja, l'enquêteur John Justice a détaillé une méthode consistant à simuler des retraits d'espèces qui n'ont jamais eu lieu physiquement. Selon les preuves recueillies, des entreprises telles que Hazyman Investment Limited, Bimas Ventures Limited et Fazad recevaient des fonds provenant des administrations locales de l'État de Kogi. Plutôt que de retirer ces sommes, les clients effectuaient simultanément des bordereaux de retrait et de dépôt pour déplacer les montants entre différents comptes sur papier. Les enregistrements de vidéosurveillance des banques concernées, Access et Zenith, ont confirmé que les fonds ne quittaient jamais réellement les établissements bancaires sous forme liquide.

Un détournement massif présumé

Ces manœuvres s'inscrivent dans une affaire plus large où Yahaya Bello, accompagné de deux co-accusés, est poursuivi pour le détournement présumé de 110,4 milliards de nairas entre 2016 et 2024. L'accusation soutient que ces fonds ont été détournés du trésor public pour financer des acquisitions immobilières de luxe à Abuja et régler des frais de scolarité en devises étrangères pour les enfants de l'ancien gouverneur. Les analyses des comptes bancaires ont montré que les flux entrants vers les sociétés impliquées provenaient systématiquement des caisses des collectivités locales de l'État de Kogi.

L'étau judiciaire se resserre

L'enquête, menée par la section spécialisée dans la fraude aux marchés publics et le blanchiment d'argent, a permis d'établir des liens directs entre ces entreprises et des individus identifiés comme des prête-noms, notamment Yakubu Siyaka et Abba Adaudu. Ce dernier a été cité dans plusieurs témoignages, dont celui d'un opérateur de bureau de change ayant reçu 1,4 milliard de nairas pour convertir des fonds en dollars. Bien que Yahaya Bello et ses co-accusés nient formellement les 16 chefs d'accusation de violation de confiance criminelle, la multiplication des preuves documentaires et des témoignages techniques complexifie leur défense. Le procès, qui se poursuit, est une affaire suivie de près pour ses enjeux de transparence dans la gestion des finances publiques locales au Nigeria.

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