Le procès de Rémy Daillet et de son groupuscule d'ultradroite s'est ouvert à Paris, mettant en lumière le rôle de Lola M., mère de la petite Mia. Accusée de complicité de séquestration, elle a justifié devant le tribunal son implication dans l'enlèvement de sa fille en 2021 par une volonté de la soustraire à des réseaux pédocriminels imaginaires.
Une adhésion aux thèses conspirationnistes
Lors de son audition, Lola M. a retracé son parcours, marqué par un basculement vers les mouvances complotistes après son engagement auprès des « gilets jaunes » en 2018. La trentenaire affirme avoir eu un « éveil de conscience » l'amenant à considérer que les institutions françaises, et particulièrement l'Aide sociale à l'enfance (ASE), sont infiltrées par des réseaux criminels. C'est au nom de cette conviction qu'elle a sollicité le groupe dirigé par Rémy Daillet, un ancien cadre politique reconverti dans des projets séditieux, pour organiser le rapt de sa fille alors placée chez sa grand-mère.
La remise en cause des institutions
Face au tribunal, Lola M. a maintenu une posture de défiance, qualifiant le dossier judiciaire de « non neutre » et multipliant les interruptions lors des échanges avec le président. Elle nie toute volonté de nuire à l'enfant, insistant sur le fait qu'elle cherchait à protéger Mia d'un placement en foyer qu'elle jugeait dangereux. Pour la prévenue, l'action menée en avril 2021, qui a conduit à la découverte de l'enfant dans un squat en Suisse après cinq jours de cavale, n'était pas un enlèvement mais une démarche de protection légitime, bien qu'elle admette avoir eu conscience du caractère illégal de l'opération.
Un enjeu de sécurité publique
Le procès dépasse le cadre du simple rapt familial pour révéler les méthodes d'un groupuscule structuré. L'enquête a en effet établi que l'enlèvement de Mia servait d'entraînement opérationnel pour les troupes de Rémy Daillet, dans le cadre d'un projet de coup d'État baptisé « Azur ». Si Lola M. se présente comme une mère cherchant à sauver son enfant, le parquet national antiterroriste cherche à démontrer l'instrumentalisation de cette détresse personnelle par une organisation cherchant à déstabiliser l'ordre public. L'audition de la prévenue, marquée par des esquives répétées sur les questions de fond, souligne la difficulté pour la justice de confronter des convictions idéologiques radicales aux faits établis.