Le procès de l'ancien ministre de l'Innovation, de la Science et de la Technologie, Geoffrey Nnaji, a pris une tournure décisive devant la Haute Cour fédérale d'Abuja. L'accusation a présenté des témoignages et des documents officiels émanant de l'Université du Nigeria, Nsukka (UNN) et du National Youth Service Corps (NYSC), contestant formellement l'authenticité des diplômes utilisés par l'ex-ministre pour accéder à ses fonctions.
Des institutions académiques et administratives en porte-à-faux
Lors de l'audience, l'inspecteur de police Yakubu Ibrahim, témoin de l'ICPC (Commission indépendante contre les pratiques de corruption), a détaillé les conclusions de l'enquête menée suite à deux pétitions distinctes. Selon les éléments versés au dossier, le NYSC a officiellement nié avoir délivré le certificat présenté par M. Nnaji. Parallèlement, l'UNN a indiqué que l'ancien ministre n'avait pas validé les crédits académiques nécessaires à l'obtention de son diplôme en microbiologie et biochimie, soulignant des échecs répétés aux examens et une inscription irrégulière à des épreuves de rattrapage.
Enjeux financiers et poursuites judiciaires
Au-delà du volet académique, l'affaire revêt une dimension financière importante. L'ICPC accuse M. Nnaji de blanchiment d'argent, affirmant qu'il a perçu environ 29,5 millions de nairas en salaires et indemnités durant son mandat ministériel sur la base de documents frauduleux. Ces fonds sont désormais qualifiés par l'accusation de « produits d'actes illégaux ». L'ancien ministre, qui est également candidat au poste de gouverneur de l'État d'Enugu pour 2027, a plaidé non coupable des six chefs d'accusation retenus contre lui, incluant le faux et usage de faux ainsi que l'abus de pouvoir.
Débats sur la recevabilité des preuves
La défense, menée par l'avocat Wole Olanipekun, a tenté de fragiliser le témoignage de l'enquêteur en soulignant l'absence de visite sur le terrain par les services de l'ICPC et en mettant en exergue des correspondances contradictoires de l'université datant des années 1980 concernant le statut académique de l'accusé. La juge Joyce Abdulmalik a toutefois admis les documents produits par l'accusation, tout en précisant que les objections de la défense seraient examinées lors de la phase finale des plaidoiries. Le procès, qui suit son cours, a été ajourné au 5 novembre pour permettre l'audition de nouveaux témoins.