Le procès pour « tentative de complot contre le gouvernement » se poursuit à Bamako, plus précisément à la Cour d’appel, où six personnalités sont jugées pour leur implication présumée dans une affaire remontant à plusieurs années. Ces accusés, dont l’ancien chef de la sécurité d’État et l’ancien secrétaire général de la Présidence, nient catégoriquement les charges retenues contre eux. Tous sont incarcérés depuis près de cinq ans, période durant laquelle ils auraient subi des actes de torture.
Parmi les figures mises en cause figure l’ancien président de transition, Bah N’Daw, nommé à ce poste après le coup d’État d’août 2020 perpétré par des militaires. Son mandat avait été marqué par des tensions internes au sein de la junte, notamment avec des figures clés du régime. En mai 2021, il avait été renversé par les mêmes militaires, qui lui reprochaient notamment sa volonté d’écarter certains d’entre eux des instances dirigeantes.
Le 20 juillet, la Cour a entendu l’unique témoin à charge, l’adjudant-chef Bagayoko, dont les déclarations constituent le socle de l’accusation. Lors de son audition, il a réitéré ses allégations sans pour autant apporter d’éléments concrets ou de réponses précises aux questions posées. Son témoignage, bien que central dans ce dossier, laisse planer des zones d’ombre sur la solidité des preuves avancées.
Ce procès s’inscrit dans un contexte politique marqué par des divisions au sein des autorités maliennes, où les militaires au pouvoir depuis 2020 ont progressivement consolidé leur emprise sur les institutions. Les accusations de complot et les procédures judiciaires qui en découlent illustrent les tensions persistantes entre les différentes factions du régime. Les observateurs soulignent que cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique du pays, déjà fragilisée par une série de crises institutionnelles et sécuritaires.
Les audiences se poursuivent dans un climat tendu, alors que les accusés continuent de clamer leur innocence. L’issue de ce procès, qui repose en grande partie sur le témoignage d’un seul témoin, suscite des interrogations quant à la transparence et à l’équité de la procédure judiciaire en cours.