Le procès visant sept professionnels de santé accusés de négligence criminelle dans le décès de Diego Maradona a été brutalement interrompu ce jeudi. Cette suspension fait suite à une contestation de la défense concernant l'authenticité d'analyses rénales versées au dossier, qui appartiendraient en réalité au père du défunt footballeur.
Une erreur d'identification au cœur des débats
La défense soutient que les résultats des tests rénaux présentés devant la cour ne concernent pas la légende argentine, décédée en novembre 2020, mais son père, Diego Maradona senior, mort en 2015. Si cette confusion est confirmée, elle pourrait gravement discréditer la commission médicale chargée d'évaluer les circonstances du décès. Cette instance, dont un néphrologue a témoigné mardi dernier, a formulé des critiques sévères sur la prise en charge prodiguée au joueur, estimant que son état de santé nécessitait une surveillance quotidienne beaucoup plus rigoureuse.
Un climat judiciaire sous haute tension
Ce nouveau rebondissement fragilise un procès déjà marqué par une histoire procédurale complexe. Ouvert en avril dernier, ce second volet fait suite à l'annulation d'une première procédure l'an dernier, après la découverte de la participation d'un juge à un documentaire clandestin sur l'affaire. Malgré la controverse actuelle, le procureur Patricio Ferrari a affirmé que cet incident ne remettait pas en cause la solidité de l'accusation, tandis que les avocats de la défense, comme celui de l'infirmière Nancy Forlini, expriment le souhait que le procès se poursuive pour clarifier le sort judiciaire de leurs clients.
Suspension jusqu'au 27 août
La cour a ordonné une interruption des audiences jusqu'au 27 août prochain afin de permettre une vérification approfondie des preuves médicales contestées. Pour rappel, Diego Maradona est décédé à l'âge de 60 ans des suites d'une insuffisance cardiaque et d'un œdème pulmonaire aigu, deux semaines après une intervention chirurgicale pour un caillot cérébral. L'équipe médicale, qui conteste toute faute, reste sous le coup d'accusations de négligence pour les soins prodigués durant sa convalescence dans une résidence de Tigre, en banlieue de Buenos Aires.