Procès d’un jeune homme après une attaque de meeting : trois versions contradictoires

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 33 lectures
Procès d’un jeune homme après une attaque de meeting : trois versions contradictoires

Un jeune homme de 20 ans, domicilié à Jaxaay, a été jugé pour son implication présumée dans l’attaque d’une manifestation politique organisée par le maire de Keur Massar Sud. Présenté comme l’un des participants à l’incident, J. M. Diatta a soutenu devant le tribunal n’avoir eu pour intention que de porter secours à une victime.

Âgé de 20 ans et placé sous mandat de dépôt depuis le 14 juillet, il était poursuivi pour association de malfaiteurs et tentative de vol sur les chemins publics au préjudice d’une dame identifiée par les initiales N. D. Sow. Le principal témoin de l’affaire, le maire Bilal Diatta, organisateur de la manifestation, ne s’est pas présenté à l’ouverture du procès.

Des versions contradictoires

À l’audience, le prévenu a nié toute participation à l’attaque. Il a affirmé s’être rendu à Jaxaay pour rendre visite à sa petite amie, dont le domicile se situait à proximité du lieu de la manifestation. Après s’être mêlé à la foule, il aurait quitté les lieux pour acheter à manger dans une gargote voisine. À son retour, il aurait découvert une vieille dame agressée par des jeunes armés et serait intervenu pour lui porter secours. Selon sa version, les assaillants se seraient alors retournés contre lui en lui lançant des pierres.

Cette déclaration n’a pas convaincu le parquet. Le procureur a rappelé que, selon le procès-verbal du commissariat, le jeune homme aurait tenu des propos différents. Il aurait expliqué avoir aperçu un ami poursuivi par la foule, présenté comme un malfaiteur, et être intervenu pour faciliter sa fuite. Le prévenu a démenti avoir fait une telle déclaration.

Le président du tribunal a ensuite évoqué une troisième version contenue dans le dossier, selon laquelle le jeune homme aurait affirmé être intervenu pour secourir la mère de sa petite amie, récemment opérée, après l’attaque des participants au meeting.

Un téléphone caché et des interrogations

J. M. Diatta a reconnu avoir demandé à sa petite amie de dissimuler son téléphone portable dans ses sous-vêtements. Il a justifié cette précaution par la crainte que l’appareil ne soit volé dans la confusion. Cette explication n’a pas levé les doutes des magistrats, notamment sur la manière dont le maire aurait pu l’identifier comme agresseur s’il s’était uniquement consacré à secourir une victime.

La défense dénonce un dossier basé sur des soupçons

L’avocat du prévenu a critiqué le manque de preuves matérielles dans le dossier. Il a estimé que les premières investigations évoquaient seulement un éventuel soutien apporté à un individu en fuite. Selon lui, l’exploitation du téléphone du jeune homme n’aurait révélé aucun échange permettant de l’associer aux auteurs de l’attaque. Il a accusé le maire d’avoir joué un rôle d’enquêteur en désignant lui-même son client comme suspect et a demandé sa relaxe.

Condamnation pour tentative de vol

Le tribunal a finalement retenu uniquement la charge de tentative de vol sur les chemins publics. J. M. Diatta a été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis, une peine qui lui permet d’éviter un retour en prison. L’accusation d’association de malfaiteurs a été abandonnée.

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