Procès AKSA : l’AG doit rendre des comptes malgré la défiance envers l’État

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
Procès AKSA : l’AG doit rendre des comptes malgré la défiance envers l’État

Un expert en sécurité et en droit appelle l’Attorney General (AG) du Ghana à clarifier sa position sur l’affaire de corruption présumée liée au contrat controversé AKSA, malgré la méfiance croissante envers les institutions étatiques.

Les faits essentiels

Le Dr James Kwabena Bomfeh Jnr, directeur du Centre d’études sur les conflits et la sécurité (CenCES) et enseignant à l’Université des études professionnelles d’Accra (UPSA), a réaffirmé que l’Attorney General (AG) du Ghana a l’obligation légale et morale de rendre publics les éléments d’information dont dispose son bureau concernant l’affaire de corruption présumée liée au contrat de production d’électricité AKSA. Ces déclarations interviennent dans un contexte de regain d’attention médiatique après des allégations de corruption impliquant un ancien banquier de Goldman Sachs, Asante Kwaku Berko, dans une affaire judiciaire aux États-Unis.

L’expert a souligné que, même si la confiance du public dans les institutions comme l’AG ou le Parlement est érodée, cela ne doit pas empêcher les citoyens de demander des comptes. Il a proposé la création d’une commission intersectorielle, associant chefs traditionnels, religieux, médias, société civile et groupes étudiants, pour examiner l’affaire et les questions plus larges de gestion des contrats publics.

Pourquoi c'est important

Cette affaire met en lumière les tensions entre la nécessité de transparence dans la gestion des ressources publiques et la défiance généralisée envers les institutions chargées de faire respecter la loi. Le Dr Bomfeh rappelle que l’AG, en tant que garant de l’intérêt général, a un devoir d’information envers les citoyens, indépendamment des soupçons de partialité ou de corruption qui pèsent sur les structures étatiques. L’enjeu dépasse le seul cas AKSA : il interroge la capacité du Ghana à garantir l’intégrité des marchés publics, surtout dans un contexte où les pressions économiques poussent les gouvernements à agir rapidement, parfois au détriment des contrôles habituels.

L’appel à une enquête élargie reflète une prise de conscience : les scandales de corruption ne sont pas des incidents isolés, mais des symptômes d’un système où les mécanismes de redevabilité sont fragilisés. La proposition d’une commission multisectorielle vise à restaurer un minimum de confiance en associant des acteurs non étatiques, souvent perçus comme plus indépendants.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs pistes restent à explorer pour évaluer la suite donnée à cette affaire. D’abord, la réaction de l’AG du Ghana : publiera-t-il les informations en sa possession, ou se contentera-t-il d’annoncer des mesures sans transparence ? Ensuite, le rôle du Parlement, dont la crédibilité est également questionnée, pourrait être déterminant dans la mise en place d’une enquête parlementaire ou d’un audit indépendant.

Un autre point crucial sera la composition et le mandat de la commission proposée par le Dr Bomfeh. Si elle voit le jour, son indépendance et ses pouvoirs d’investigation seront scrutés de près, notamment pour éviter qu’elle ne devienne un simple outil de communication politique. Enfin, la question des fonds détournés ou mal utilisés devra être tranchée : qui en a bénéficié, et comment récupérer ces ressources pour l’État ? Ces réponses pourraient définir l’ampleur des réformes nécessaires pour prévenir de futurs scandales.

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