L'ancien directeur général du Bureau national des signaux (NSB), Kwabena Adu-Boahene, a déposé une requête visant à faire rejeter les poursuites engagées contre lui et ses coaccusés. Ses avocats soutiennent que l'accusation n'a pas apporté suffisamment d'éléments probants pour justifier l'ouverture d'une défense, marquant une étape décisive dans ce procès pour malversation financière présumée.
Contestation des flux financiers et du contrôle des fonds
Au cœur du dossier figure le transfert de 49,1 millions de cédis, initialement destinés, selon l'État, à l'acquisition d'un système de cybersécurité. La défense conteste fermement l'idée d'une gestion unilatérale de ces fonds par M. Adu-Boahene. En s'appuyant sur les mandats de signature de l'époque, les avocats ont démontré que les chèques litigieux portaient également la signature du coordinateur de la sécurité nationale, réfutant ainsi la thèse d'un contrôle exclusif de l'accusé sur les comptes concernés.
Lacunes dans l'enquête sur le système de cybersécurité
La crédibilité de l'enquête menée par l'EOCO est également remise en question. Lors des audiences, l'enquêteur principal a admis que l'agence n'avait pas contacté directement la société israélienne ISC Holdings, censée fournir le système de cybersécurité, pour vérifier la réalité de la transaction. Cette absence de vérification indépendante auprès du fournisseur, couplée à l'incapacité de l'enquêteur à authentifier certains documents, fragilise, selon la défense, la démonstration de l'État sur le détournement des fonds.
L'absence de témoins clés au cœur des débats
La défense souligne par ailleurs l'absence de témoignages cruciaux qui auraient pu éclairer les procédures de sécurité nationale entourant ces transactions. Des figures de premier plan, telles que l'ancien ministre de la Sécurité nationale Albert Kan-Dapaah et l'ancien coordinateur de la sécurité nationale, n'ont pas été entendues. Pour les avocats, ces témoignages étaient pourtant indispensables pour contextualiser les décisions financières prises dans le cadre des opérations de sécurité.
La position de l'accusation
Malgré ces contestations, le ministère public maintient ses accusations, incluant le vol, le blanchiment d'argent et le préjudice financier causé à l'État. L'accusation s'appuie sur des relevés bancaires et des reçus pour affirmer que, sur les 49,1 millions de cédis, seule une fraction a été versée au fournisseur, le reste ayant été dissipé à des fins privées. Le procureur général dispose désormais de 14 jours pour répondre à la requête de la défense, une étape qui déterminera si le procès se poursuit ou si les charges seront abandonnées.