Prise en charge des grands brûlés au Burkina Faso : les défis d'une unité spécialisée à Bobo-Dioulasso

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 64 lectures
Prise en charge des grands brûlés au Burkina Faso : les défis d'une unité spécialisée à Bobo-Dioulasso

Au CHU Sourô Sanou de Bobo-Dioulasso, l'unité des grands brûlés fait face à une réalité clinique complexe, marquée par la gravité des accidents domestiques et des ressources techniques limitées. Le Dr Gérard Sanou, chirurgien pédiatre responsable du service, souligne l'urgence d'une meilleure prévention et d'une prise en charge médicale rapide pour limiter les séquelles fonctionnelles et vitales des patients.

Un plateau technique sous tension

Depuis sa création en 2023, l'unité des grands brûlés du CHU Sourô Sanou tente de répondre aux besoins croissants des victimes de brûlures graves, qu'elles soient causées par des liquides bouillants, des flammes ou des accidents électriques. Malgré l'engagement d'une équipe multidisciplinaire, le service souffre d'un manque criant de moyens : absence d'unité de réanimation dédiée, pénurie de substituts cutanés et insuffisance de matériel spécialisé comme les dermatomes. Cette précarité technique alourdit le parcours de soins, souvent prolongé par des complications infectieuses ou nutritionnelles, rendant la prise en charge financière particulièrement éprouvante pour les familles.

Les réflexes vitaux en cas d'accident

Le Dr Sanou insiste sur l'importance des premiers gestes, souvent déterminants pour le pronostic vital. En cas de brûlure, la priorité est de refroidir la zone avec de l'eau tempérée (entre 15 °C et 25 °C) pendant 15 minutes. Le chirurgien met en garde contre les idées reçues dangereuses : l'application de glace, de beurre, de dentifrice ou de pommades est strictement proscrite, car elle aggrave les lésions cutanées. Il est également crucial de ne pas percer les cloques ni d'arracher les vêtements collés à la peau, et de solliciter immédiatement les secours médicaux.

Prévenir pour réduire les risques domestiques

La prévention demeure le levier le plus efficace pour réduire l'incidence des brûlures graves. En milieu domestique, des mesures simples peuvent sauver des vies : cuisiner en hauteur, tourner les manches des casseroles vers l'intérieur, ou encore vérifier l'étanchéité des installations de gaz. Le Dr Sanou appelle également à une vigilance accrue des parents, notamment lors du bain des enfants ou en éloignant les sources de chaleur et d'électricité. La lutte contre les arrivées tardives à l'hôpital, souvent dues au recours préalable à la médecine traditionnelle, reste un enjeu majeur pour garantir l'efficacité des soins chirurgicaux et la réinsertion sociale des victimes.

L'accompagnement au-delà du soin médical

La prise en charge d'un grand brûlé ne se limite pas à l'intervention chirurgicale ou à la greffe de peau. Elle s'inscrit dans un processus de long terme pouvant durer jusqu'à deux ans, incluant une kinésithérapie intensive et un soutien psychologique indispensable pour surmonter le traumatisme. Le regard de la société, parfois stigmatisant face aux séquelles visibles, constitue un obstacle supplémentaire à la réintégration des patients. Face à ces défis, le soutien de la société civile et des partenaires, illustré par des dons de matériel médical, joue un rôle essentiel pour renforcer la résilience du service public hospitalier.

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