Le porte-parole de la coalition d'opposition Lamuka, Prince Epenge, a été interpellé par les services de renseignement à l'aéroport international de N’djili le 25 octobre, l'empêchant de rejoindre Rome où se tiendra le conclave de l'opposition congolaise. Son camp exige la confirmation de son lieu de détention, sa libération sans condition et la restitution de son passeport.
Intervention du renseignement à l’aéroport de N’djili
Aux alentours de l’après‑midi du dimanche 25 octobre, les agents du renseignement congolais ont intercepté Prince Epenge alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Rome. L’interpellation s’est déroulée dans le hall d’embarquement de l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie aux médias. Les autorités n’ont pas communiqué le motif de la détention ni l’endroit exact où le porte‑parole a été placé, ce qui alimente les inquiétudes au sein de la coalition d’opposition.
Conclave de l’opposition à Rome : enjeux et calendrier
Le voyage de Prince Epenge devait coïncider avec le lancement d’un conclave à Rome, rassemblant les principales forces d’opposition congolaise autour de Martin Fayulu. Cette réunion vise à définir une position commune sur les défis majeurs du pays, notamment la crise électorale, la gouvernance et les droits humains. L’absence du porte‑parole de Lamuka, figure clé de la communication du mouvement, risque de compliquer les négociations internes et de retarder la formulation d’une stratégie unifiée.
Réactions de Lamuka et appel à la communauté internationale
Le porte‑voix de Lamuka a immédiatement réclamé la divulgation du lieu de détention de Prince Epenge, son libération immédiate et la remise de son passeport, document indispensable pour le déplacement à l’étranger. Le mouvement a également sollicité le soutien des organisations internationales et des partenaires diplomatiques, soulignant que toute entrave à la liberté de circulation des représentants de l’opposition porte atteinte au dialogue politique en RDC. Jusqu’à présent, aucune autorité officielle n’a répondu aux exigences formulées par Lamuka.
Implications pour le climat politique congolais
Cette arrestation intervient dans un contexte de tension croissante entre le gouvernement et les forces d’opposition, qui dénoncent des pratiques de répression et d’intimidation. Le blocage du déplacement d’un haut‑responsable de l’opposition peut être perçu comme un signal de la part des services de sécurité, visant à limiter la coordination des opposants à l’échelle internationale. Si la situation n’est pas rapidement désamorcée, elle pourrait exacerber les divisions internes et compliquer les efforts de médiation menés par les acteurs régionaux.