Disparition de 30 véhicules de luxe saisis : la gestion de l'ONRAC et le rôle de la Primature au cœur des soupçons

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 77 lectures
Disparition de 30 véhicules de luxe saisis : la gestion de l'ONRAC et le rôle de la Primature au cœur des soupçons

Un parc automobile saisi de 117 véhicules de luxe, dont 30 auraient mystérieusement disparu après des ventes aux enchères organisées par l’ONRAC. La défense de Mouhamadane Sarr, propriétaire de Lansar Auto, pointe du doigt la Primature, évoquant des incohérences dans les déclarations officielles et un manque de transparence dans la gestion des biens saisis.

Les faits essentiels

L’Office national de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC) a saisi un parc de 117 véhicules de luxe neufs, estimés entre 80 et 125 millions de francs CFA l’unité. Chaque véhicule a été identifié par son numéro de châssis, faute de plaques d’immatriculation, dans un fichier établi par la défense de Mouhamadane Sarr. Après des ventes aux enchères organisées par l’ONRAC, la défense affirme avoir constaté la disparition de 30 de ces véhicules, introuvables à ce jour.

Me Gorgui Dia, conseil de Sarr, rappelle que dès l’époque où Ousmane Sonko était Premier ministre, des informations circulaient selon lesquelles l’ONRAC aurait vendu des véhicules à la Primature. Une affirmation qui prend une nouvelle dimension après les déclarations contradictoires de Sonko : il avait d’abord évoqué un parc automobile vieillissant, nécessitant uniquement des réparations, avant d’annoncer l’acquisition de 27 véhicules pour un montant global de plus de 900 millions de francs CFA, soit environ 34 millions par unité.

L’avocat souligne que ce prix d’acquisition serait bien inférieur à la valeur réelle des véhicules comparables, dont le montant atteindrait, selon lui, le double lors des ventes aux enchères. Il rappelle que le prix de mise à prix se calcule généralement sur la base des deux tiers du prix d’acquisition initial, un écart qu’il juge incompatible avec les montants annoncés par la Primature.

Pourquoi c'est important

Cette affaire soulève des questions majeures sur la gestion des biens saisis par l’État et la transparence des procédures de vente aux enchères. Les incohérences dans les déclarations officielles, notamment celles d’Ousmane Sonko, renforcent les soupçons de détournement ou de malversation. La disparition de 30 véhicules sur 117 interroge sur l’efficacité du contrôle exercé par l’ONRAC et sur l’utilisation réelle des fonds générés par ces ventes.

Par ailleurs, l’écart entre les prix d’acquisition annoncés par la Primature et les valeurs de marché constatées lors des enchères pourrait indiquer une sous-évaluation délibérée, favorisant potentiellement des acquisitions à prix réduit. Cette situation, si elle était confirmée, remettrait en cause la crédibilité des institutions chargées de la gestion des avoirs criminels.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs éléments restent à éclaircir dans les prochaines semaines. La défense de Mouhamadane Sarr a sollicité les procès-verbaux des ventes aux enchères auprès de l’ONRAC, sans obtenir de réponse à ce jour. L’absence de documents officiels, y compris pour les ventes auxquelles la défense a assisté, alimente les suspicions de manque de transparence.

Une enquête indépendante pourrait être nécessaire pour établir les responsabilités dans la disparition des 30 véhicules et vérifier les conditions d’acquisition des 27 véhicules par la Primature. Les prochaines étapes dépendront des réponses apportées par l’ONRAC et des éventuelles investigations menées par les autorités compétentes.

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