La droite et le centre français tentent de s’unir autour d’une primaire pour désigner un candidat unique face au RN et à LFI, mais les divisions et l’opposition d’Édouard Philippe fragilisent ce projet déjà en retard.
Un appel à l’unité sous pression
Avec plus de 300 élus signataires, dont Hervé Morin, une tribune publiée fin août réclame une primaire ouverte de la droite et du centre pour éviter une dispersion des voix au premier tour de la présidentielle de 2027. L’objectif affiché : désigner un candidat unique « avant Noël » pour les quatre derniers mois de campagne. Mais cette initiative se heurte à un obstacle majeur : le refus catégorique d’Édouard Philippe, favori des sondages, de participer à ce scrutin. Pour lui, une primaire « accentue les différences » et n’a pas sa place dans sa stratégie, axée sur l’unité du camp.
Des candidats divisés sur la méthode
Si Philippe rejette toute primaire, ses rivaux y voient une opportunité. Gabriel Attal, en retard dans les intentions de vote, n’a « jamais exclu » cette option, tandis que Bruno Retailleau (LR) affirme être prêt à l’affronter « s’il y a une primaire ». Laurent Wauquiez, lui, milite pour une primaire ouverte, estimant qu’elle est « la moins mauvaise » solution pour éviter l’élimination de la droite au second tour. David Lisnard, candidat libéral-conservateur, y voit aussi un moyen de gagner en visibilité en éliminant les « macronistes » avant le premier tour.
Un calendrier serré et des réticences tenaces
Les partisans de la primaire tablent sur une organisation rapide, avec deux semaines de débats et un vote électronique. Pourtant, les précédents scrutins (comme celui de 2021 pour LR) ont montré qu’une telle opération nécessite des mois de préparation. Gérard Larcher, président du Sénat, reste optimiste, mais une partie de la droite, à l’image de Xavier Bertrand, rejette catégoriquement l’idée, évoquant les « erreurs » des primaires passées. Les tensions au sein du camp sont telles qu’un cadre LR résume : « Une primaire dans laquelle le favori n’y va pas a peu de chances d’aboutir. »
Le rôle clé d’Emmanuel Macron dans l’ombre
Alors que les candidats s’affrontent, certains appellent l’Élysée à jouer un rôle de médiateur pour éviter un statu quo préjudiciable. Un proche du gouvernement critique l’utilisation des sondages comme seul outil de départage, soulignant leur caractère subjectif. « On ne peut pas, avant la fin de l’année, ne pas savoir qui est notre candidat », plaide-t-il. Sans intervention extérieure, le risque est une « primaire sauvage », où les divisions affaibliraient encore davantage la droite et le centre face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.