En vue de l'élection présidentielle de janvier 2027 au Nigeria, Peter Obi, candidat du Congrès démocratique du Nigeria (NDC), articule son projet autour d'une refonte profonde de la gouvernance. L'ancien gouverneur de l'État d'Anambra mise sur une réduction drastique du train de vie de l'État pour dégager des marges de manœuvre budgétaires destinées à la santé, à l'éducation et à la création d'emplois.
Réduction du coût de la gouvernance et lutte contre la corruption
Pour Peter Obi, la crise économique que traverse le pays, marquée par une inflation galopante et une pauvreté touchant 63 % de la population selon le FMI, impose une gestion rigoureuse des deniers publics. Le candidat dénonce un gaspillage structurel et une corruption endémique, notamment dans le secteur pétrolier. Selon lui, une meilleure intégrité dans la gestion des ressources permettrait de stabiliser les prix sans nécessairement recourir aux anciennes subventions sur l'essence, tout en réorientant les fonds vers les secteurs sociaux essentiels pour stimuler la productivité nationale.
Lien entre pauvreté et insécurité
Le candidat du NDC établit une corrélation directe entre la précarité économique et la dégradation de la sécurité. Face à des menaces multiformes — groupes jihadistes, gangs criminels et violences intercommunautaires — Obi soutient que la réponse sécuritaire ne peut être uniquement militaire. Il préconise une revitalisation du secteur manufacturier, dont la part dans le PIB a chuté de 21 % en 1994 à 8 % en 2025, afin de créer des emplois capables de détourner la jeunesse de la criminalité.
Réforme de la police et décentralisation
Sur le plan institutionnel, Peter Obi propose une décentralisation du maintien de l'ordre par la création de forces de police au niveau des États et des municipalités. Cette mesure, qui rejoint certaines orientations du président sortant Bola Tinubu, vise à rapprocher les forces de sécurité des réalités locales. L'objectif est de s'appuyer sur une connaissance fine des réseaux criminels par les autorités de proximité pour améliorer l'efficacité des interventions.
Un paysage politique complexe
La candidature d'Obi se heurte toutefois à une réalité électorale exigeante. Le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), dispose d'une assise territoriale solide, contrôlant 31 des 36 États. De plus, l'opposition reste fragmentée, un scénario qui avait favorisé la victoire de Bola Tinubu en 2023. Au-delà des enjeux programmatiques, Peter Obi exprime des préoccupations sur la tenue d'un scrutin libre et équitable, citant les violences récurrentes et les intimidations qui entravent la participation citoyenne, laquelle n'avait atteint que 27 % lors du dernier cycle électoral.