À moins d'un an des échéances électorales, le paysage politique français se fragmente autour de la gestion des finances publiques et de la définition des programmes. Entre promesses de rigueur budgétaire, appels à l'union des droites et primaires à gauche, les candidats cherchent à imposer leurs priorités face à une situation économique jugée dégradée.
La bataille des finances publiques
La question du déficit public s'impose comme le pivot central des débats. Le Rassemblement National (RN) a annoncé le dépôt prochain d'un « contre-budget » pour 2027, promettant une réduction drastique du train de vie de l'État et une révision de la contribution française à l'Union européenne. Parallèlement, des figures comme l'ancien ministre de l'Économie Pierre Moscovici rappellent l'impératif de désendettement pour garantir la capacité d'investissement future du pays. De son côté, la ministre de la Culture Catherine Pégard a admis que le secteur culturel devra faire face à des arbitrages budgétaires complexes, privilégiant une approche au « cas par cas » pour préserver le spectacle vivant malgré les contraintes financières.
Stratégies et recompositions à droite
Le camp conservateur traverse une phase de repositionnement stratégique. Éric Ciotti, président de l'UDR, a publiquement invité Bruno Retailleau, leader des Républicains, à rejoindre une « maison de droite forte » pour éviter d'être absorbé par le système. Cette main tendue s'inscrit dans une dynamique où le RN, par la voix de Louis Alliot, estime que les électorats de droite devraient naturellement converger vers ses positions, notamment sur les questions de préférence nationale dans l'accès au logement social. En parallèle, Nicolas Dupont-Aignan a officialisé sa candidature, axant son programme sur la sécurité, l'immigration et une sortie de l'Union européenne.
La gauche en quête d'unité
À gauche, les manœuvres se concentrent sur la primaire prévue en octobre. Raphaël Glucksmann, candidat à cette primaire, affiche sa volonté de rassemblement en appelant les écologistes et les forces démocratiques à s'unir, tout en se distanciant de la ligne de Jean-Luc Mélenchon. Il propose des mesures sociales fortes, comme le triplement du chèque énergie pour atteindre 500 euros, afin de répondre à la vie chère. Ce processus interne est toutefois marqué par des tensions, illustrées par la situation du député Philippe Brun, suspendu suite à des accusations de violence, et dont la réintégration est réclamée par certains de ses concurrents au nom du respect de la camaraderie politique.
L'organisation des campagnes
Face à ces dynamiques, les candidats structurent leurs équipes. Gabriel Attal, en quête d'un nouveau souffle dans les sondages, a désigné Agnès Pannier-Runacher et Paul Midy pour piloter son programme. L'ancien Premier ministre entend désormais miser sur le débat d'idées et le renouvellement de ses propositions pour tenter de remonter dans les intentions de vote.