Le Medef a réuni sept candidats à l'élection présidentielle française de 2027 pour un premier grand débat consacré aux enjeux économiques du pays. Cet exercice, qui a vu s'affronter des visions divergentes sur le travail, la fiscalité et la dette, marque le coup d'envoi des discussions programmatiques à moins de huit mois du premier tour.
Réformes du travail et protection sociale
Le débat a mis en lumière des approches contrastées sur la gestion de l'emploi. Édouard Philippe a plaidé pour un alignement sur le modèle allemand, proposant de réduire à 12 mois l'indemnisation chômage pour les moins de 50 ans. Il a également ciblé les arrêts maladie, suggérant de renforcer les jours de carence pour limiter les coûts pour les entreprises. À l'opposé, Marine Tondelier a défendu une revalorisation du SMIC à 2 000 euros brut, arguant que le pouvoir d'achat est un moteur de croissance, tandis que Gabriel Attal a promis d'annuler les hausses du coût du travail actées depuis 2024 pour restaurer la compétitivité des entreprises.
Divergences sur les retraites et la dette
La question des retraites reste un point de clivage majeur. Bruno Retailleau a annoncé vouloir indexer l'âge de départ sur l'espérance de vie, une mesure inspirée de propositions passées. Marine Le Pen a réitéré son objectif d'un départ à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans, tout en annonçant un plan d'économies de 125 milliards d'euros. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a maintenu sa volonté d'un retour à la retraite à 60 ans, tout en critiquant vivement les cadeaux fiscaux accordés aux entreprises sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, qu'il juge responsables du déficit actuel.
Modèles de financement et souveraineté
Le financement des mesures sociales a suscité des échanges vifs. Raphaël Glucksmann a rejeté l'idée de financer les hausses salariales par une dégradation du modèle social ou de la dette, proposant plutôt une baisse de la CSG pour les salariés compensée par une taxation accrue des grandes successions. Jean-Luc Mélenchon a de son côté insisté sur la nécessité d'augmenter les salaires pour éviter une récession, tout en affirmant sa volonté de désobéir aux règles européennes si elles entravent la souveraineté du vote français. Ces propositions dessinent les lignes de fracture d'une campagne où la gestion des finances publiques et la protection sociale seront au cœur des arbitrages des électeurs.