À sept mois du premier tour de l'élection présidentielle française, prévu le 18 avril 2027, le paysage politique se structure autour de deux axes majeurs : la confrontation interne au camp social-démocrate et la gestion de la crise du pouvoir d'achat. Alors que les candidats à la primaire de gauche s'apprêtent à débattre pour la première fois, les propositions pour contrer la flambée des prix des carburants cristallisent les oppositions entre les différents bords politiques.
La primaire socialiste sous haute tension
Le premier débat télévisé de la primaire socialiste, réunissant Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, marque une étape décisive pour le camp social-démocrate. Ce rendez-vous intervient dans un climat interne agité, notamment par l'exclusion controversée du député Philippe Brun, accusé de violences par une ancienne collaboratrice. L'élu a saisi la justice pour contester cette mise à l'écart, ajoutant une dimension juridique à une compétition déjà marquée par des meetings de lancement, comme celui de Ségolène Royal à Alfortville, qui peinent encore à susciter un enthousiasme massif.
Divergences sur la crise des carburants
La hausse des prix des carburants impose un débat sur les solutions structurelles. Face aux aides ciblées jugées insuffisantes par les syndicats, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, appelle à une mobilisation nationale le 29 septembre pour réclamer un blocage des prix. De son côté, l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire préconise la suppression des certificats d'économie d'énergie (CEE), qu'il qualifie d'inefficaces, tout en insistant sur l'accélération de la transition énergétique via le nucléaire. Le Rassemblement national, par la voix de Jean-Philippe Tanguy, rejette la taxation des marges des raffineurs, craignant des tensions sur l'approvisionnement, et propose plutôt une baisse de la TVA financée par une réduction des prestations sociales aux étrangers.
Réformes des retraites et finances publiques
La question des retraites s'impose comme un pilier central des programmes. Bruno Retailleau, candidat des Républicains, a dévoilé une réforme visant à « sauver le régime » en jouant sur deux âges de départ, entre 63 et 65 ans, et en introduisant une part de capitalisation. Cette offensive vise à occuper l'espace médiatique face à Édouard Philippe, dont les positions sur le sujet restent attendues. Parallèlement, Bruno Le Maire a plaidé pour un « frein d'urgence » sur les finances publiques, incluant la désindexation des pensions de retraite et des prestations sociales, ainsi qu'un gel du recrutement des fonctionnaires, afin de restaurer les marges de manœuvre budgétaires de l'État.