Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a officiellement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. En confirmant sa volonté d'aller jusqu'au bout du scrutin, il rejette toute stratégie de ralliement derrière Jean-Luc Mélenchon, ravivant les tensions au sein d'une gauche française profondément fragmentée.
Une stratégie d'autonomie assumée
Après un processus interne ayant validé son programme, Fabien Roussel a officialisé son entrée en campagne avec le slogan « Vivre ! ». Contrairement à 2017, où il s'était effacé, le candidat communiste entend cette fois porter une voix distincte. Son état-major justifie cette décision par l'existence de propositions jugées spécifiques, notamment sur les questions de souveraineté industrielle, de travail et de mix énergétique, incluant le nucléaire. Pour le PCF, il ne s'agit pas d'une candidature de témoignage, mais d'une volonté d'imposer un projet politique propre, distinct de celui de La France insoumise (LFI).
Le spectre des divisions de 2022
Cette candidature autonome est perçue comme une menace par les cadres de LFI, qui gardent en mémoire le scrutin de 2022. À l'époque, Fabien Roussel avait recueilli 2,28 % des suffrages, un score que les Insoumis considèrent comme un facteur ayant privé Jean-Luc Mélenchon d'une qualification au second tour. Alors que les deux formations partagent des convergences idéologiques, cette nouvelle candidature est vécue comme une entrave à l'unité, poussant les Insoumis à envisager une stratégie de captation directe des électeurs communistes pour éviter une nouvelle dispersion des voix.
La reconquête des terres ouvrières
L'enjeu pour le PCF est de réussir à élargir son socle électoral au-delà de sa base traditionnelle. L'équipe de campagne de Fabien Roussel affiche une ambition claire : reconquérir les électeurs ayant basculé vers le Rassemblement national dans les anciennes zones ouvrières, tout en mobilisant les abstentionnistes. Ce positionnement place le candidat dans une position délicate, où il devra simultanément défendre son identité politique face à ses alliés de gauche et tenter de convaincre un électorat populaire séduit par les thématiques souverainistes de l'extrême droite.