À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, la France traverse une période de forte instabilité marquée par une croissance économique en berne et une vie politique sous haute tension. Entre la gestion de la flambée des prix des carburants et les manœuvres pour le prochain budget de l'État, les acteurs politiques multiplient les prises de position, tandis que la primaire socialiste cristallise les divisions internes.
Un contexte économique sous pression
L'économie française subit un ralentissement marqué, l'OCDE ayant abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %. Dans ce climat, le gouvernement tente de répondre à la hausse des prix des carburants en élargissant une aide de 100 euros à 5,5 millions de bénéficiaires, pour un coût total de 450 millions d'euros. Si le ministre des PME, Serge Papin, assure que ces fonds seront versés dès octobre, ces mesures sont vivement critiquées par l'opposition. Le Rassemblement national dénonce une « usine à gaz » et des mesures de « saupoudrage », tandis que Les Républicains, par la voix de Bruno Retailleau, rejettent la « politique du chèque » au profit d'une suppression des taxes liées aux certificats d'économies d'énergie.
Le budget 2027 au cœur des menaces de censure
Le projet de budget pour 2027 s'annonce comme un point de rupture majeur. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert la porte à une recherche de compromis avec les députés socialistes, rappelant la coopération établie l'an dernier. Toutefois, cette main tendue se heurte à une fermeté accrue du Parti socialiste : Olivier Faure a clairement prévenu que sans modifications substantielles, la censure du gouvernement serait « acquise ». Parallèlement, le monde syndical, représenté par la CGT, exprime une vive inquiétude face à ce qu'il qualifie de risque de récession, appelant à une mobilisation nationale le 29 septembre.
Primaire socialiste et recomposition à droite
La gauche social-démocrate entame une phase décisive avec son premier débat télévisé, réunissant cinq candidats dont Ségolène Royal, qui a récemment critiqué la gestion étatique actuelle. Ce scrutin est toutefois fragilisé par des tensions internes, notamment autour de l'exclusion du député Philippe Brun, dont le recours en justice pour réintégration est attendu. À droite, les ambitions se précisent également : Bruno Retailleau a dévoilé un programme axé sur une réduction drastique de 600 000 emplois publics sur deux quinquennats et un relèvement de l'âge de départ à la retraite, tandis que Bruno Le Maire maintient le flou sur une éventuelle candidature, insistant sur la nécessité de définir une vision stratégique pour le pays avant toute décision formelle.