Alors que la présidentielle française de 2027 se profile, les stratégies des camps politiques se précisent : la droite exige un bilan critique du quinquennat Macron, tandis que la gauche tente de fédérer autour de projets communs, malgré des divergences persistantes.
La droite en quête d’unité : Wauquiez et Retailleau misent sur une primaire
Le président des députés Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a lancé un appel solennel à ses alliés pour un « devoir d’inventaire du macronisme » avant tout rassemblement. Dans un entretien au Point, il insiste sur la nécessité d’un projet « ambitieux et courageux » pour éviter l’élimination de la droite au second tour. Wauquiez cible particulièrement les trois principaux candidats de droite ou du centre ayant servi sous Macron – Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau – qu’il accuse d’avoir contribué à l’héritage à critiquer. « Le rassemblement ne pourra pas se faire sur du vide », martèle-t-il, évoquant une réforme des institutions et du système social pour sortir de « l’assistanat ».
Bruno Retailleau, candidat LR et ancien ministre de l’Intérieur, va plus loin en proposant une révision constitutionnelle qu’il présente comme « la dernière chance » pour la France. Il défend l’idée de redonner le « dernier mot » au peuple via des mécanismes de démocratie directe, tout en pointant la « submersion migratoire » et « l’ensauvagement de la société » comme urgences à traiter. Son projet, articulé autour de deux textes constitutionnels, vise à restaurer la capacité d’action de l’État.
Ruffin et Villepin : une alliance improbable mais réelle
À gauche, François Ruffin (Debout !) et Dominique de Villepin ont surpris en affichant des convergences lors d’un débat organisé par Libération et BFMTV. Malgré des parcours politiques opposés – l’un, trublion de la gauche radicale, l’autre, ancien Premier ministre de droite devenu figure anti-guerre à Gaza –, les deux hommes ont trouvé un « diagnostic partagé » et un « horizon commun ». Leur objectif affiché : faire dérailler « le train fou » de Marine Le Pen, favorite des sondages.
Sur l’écologie, la taxation du patrimoine et la critique de la politique internationale, leurs positions se rejoignent. Seule ombre au tableau, une divergence sur la taxe carbone, que Villepin propose de réinventer sans convaincre Ruffin. Le député de gauche a résumé leur rencontre par un « premier rendez-vous Tinder », soulignant l’aspect exploratoire de leur collaboration. Tous deux rejettent la primaire socialiste, jugée « presque antipopulaire », et misent sur une dynamique de rassemblement hors des structures traditionnelles.
Le RN et la gauche radicale : deux fronts contre l’extrême droite
Pendant ce temps, le Rassemblement national (RN) continue de polariser le débat avec sa proposition de sanctionner le port du voile par une amende. Alexis Corbière, figure de La France Insoumise, a réagi en qualifiant cette mesure de « politique de racisme d’État » et en suggérant que les députés RN « devraient être condamnés par la loi » pour une telle proposition. Il a aussi interrogé, sur un ton sarcastique, si les forces de l’ordre seraient équipées de rasoirs pour traquer les barbes, symbole selon lui de l’islamisme politique. Une polémique qui illustre la radicalisation des positions sur les questions sociétales, à quelques mois du scrutin.
Ces dynamiques révèlent une campagne où les alliances se forgent autant par opposition que par conviction, dans un paysage politique français profondément fragmenté. La capacité des partis à dépasser leurs clivages traditionnels pourrait bien déterminer l’issue du scrutin.